LOI CREANT LES PLANS D'EPARGNE RETRAITE
Depuis plus de cinquante ans, La France est dotée d'un régime de retraite fondé sur un mécanisme de répartition. Le financement des pensions versées par les régimes de base, comme de celles que servent les régimes complémentaires, repose essentiellement sur des cotisations assises sur les salaires. L'évolution prévisible de ces régimes, compte tenu des perspectives économiques et démographiques, et l'impossibilité d'envisager une augmentation indéfinie des cotisations ont conduit les pouvoirs publics à prendre, depuis 1993, des mesures de redressement.
Ces perspectives ont en outre fait apparaître le caractère souhaitable de la mise en place de mécanismes permettant de compléter le système par répartition par un système facultatif de retraite supplémentaire, constituée sur la base d'une épargne volontaire.
Mieux répondre aux besoins des salariés, comme à ceux des entreprises, tel est l'objet du texte déféré.
Ouvert à tous les salariés du secteur privé, tout en restant facultatif, ce système doit permettre à chacun de compléter la pension à laquelle lui donnent droit les régimes actuels, tout en bénéficiant de garanties adaptées. C'est pourquoi a été prévue la constitution d'organismes spécifiquement consacrés à l'épargne retraite et soumis aux règles prudentielles applicables en matière d'assurances.
Au plan national, la mise en place de l'épargne retraite doit en outre permettre de consolider le financement de l'économie en orientant les placements des fonds d'épargne retraite vers le renforcement des fonds propres des entreprises.
L'existence de systèmes d'épargne retraite créés par des entreprises ou groupements d'entreprises n'est, du reste, pas nouvelle. Mais l'intervention du législateur doit permettre :
- d'encadrer le développement de telles initiatives ;
- d'ouvrir un nouveau champ à la négociation collective ;
- d'assurer, grâce à des incitations adaptées, le développement de ces mécanismes.
Telles sont les grandes lignes de la proposition de loi créant l'épargne retraite, adoptée par le Parlement le 20 février 1997.
Ce texte fait l'objet d'un recours présenté par plus de soixante sénateurs qui développent, à l'appui de leur saisine, de nombreux arguments. Certains se situent dans le prolongement de la discussion parlementaire, et relèvent du débat technique ou politique. Dépourvues de portée dans le cadre d'une saisine du Conseil constitutionnel, ces critiques n'appellent pas d'observations de la part du Gouvernement, qui entend seulement se situer sur le terrain constitutionnel. A ce titre, il paraît possible de dégager de la saisine cinq types de moyens, qui appellent les observations suivantes.
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