Si l'un des époux se trouve, d'une manière durable, hors d'état de manifester sa volonté, ou s'il met en péril les intérêts de la famille, soit en laissant dépérir ses propres, soit en dissipant ou détournant les revenus qu'il en retire, il peut, à la demande de son conjoint, être dessaisi des droits d'administration et de jouissance qui lui sont reconnus par l'article précédent. Les dispositions des articles
1445 (Publication et effets d'un jugement de séparation de biens)Art. 1445Publication et effets d'un jugement de séparation de biensUn jugement de séparation de biens doit être publié et ses effets remontent au jour de la demande. à
1447 (Droits des créanciers en cas de séparation de biens)Art. 1447Droits des créanciers en cas de séparation de biensLes créanciers peuvent être informés d'une demande de séparation de biens et défendre leurs droits si nécessaire. sont applicables à cette demande.
A moins que la nomination d'un administrateur judiciaire n'apparaisse nécessaire, le jugement confère au conjoint demandeur le pouvoir d'administrer les propres de l'époux dessaisi, ainsi que d'en percevoir les fruits, qui devront être appliqués par lui aux charges du mariage et l'excédent employé au profit de la communauté.
A compter de la demande, l'époux dessaisi ne peut disposer seul que de la nue-propriété de ses biens.
Il pourra, par la suite, demander en justice à rentrer dans ses droits, s'il établit que les causes qui avaient justifié le dessaisissement n'existent plus.