JORF n°0019 du 23 janvier 2013

Annexe

M E S U R E 10 (2012)

ZONE GÉRÉE SPÉCIALE DE L'ANTARCTIQUE N° 4 (ÎLE DE LA DÉCEPTION) (ENSEMBLE UNE ANNEXE), ADOPTÉE À HOBART LE 20 JUIN 2012 - PLAN DE GESTION
Les Représentants,
Rappelant les articles 4, 5 et 6 de l'Annexe V du Protocole au Traité sur l'Antarctique relatif à la protection de l'environnement, prévoyant la désignation de zones spécialement gérées de l'Antarctique (« ZSGA ») et l'approbation de plans de gestion pour ces zones ;
Rappelant la mesure 3 (2005), qui a désigné l'île de la Déception comme ZSGA n° 4 et adopté un plan de gestion pour la zone ;
Notant que le Comité pour la protection de l'environnement a endossé un plan de gestion révisé pour la ZSGA n° 4 ;
Désirant remplacer le plan de gestion existant pour la ZSGA n° 4 avec le plan de gestion révisé ;
Recommandent pour approbation à leurs Gouvernements la mesure ci-après conformément à l'article 6 paragraphe 1 de l'Annexe V du Protocole au Traité sur l'Antarctique relatif à la protection de l'environnement.
Que :

  1. Le plan de gestion révisé pour la zone spécialement gérée de l'Antarctique n° 4 (île de la Déception), qui est annexé à la présente mesure, soit approuvé ; et que
  2. Le plan de gestion pour la ZSGA n° 4 annexé à la mesure 3 (2005) cesse d'être en vigueur.

Ile de la Déception
Ensemble de mesures de gestion
Introduction

L'île de la Déception est une île unique dans l'Antarctique avec d'importantes valeurs naturelles, scientifiques, historiques, éducatives et esthétiques.
Au fil des ans, différentes parties de l'île ont bénéficié d'une protection juridique en vertu du Traité sur l'Antarctique suite à des propositions irrégulières, mais aucune stratégie cohérente n'avait été formulée pour protéger l'ensemble de l'île. En 2000, une stratégie intégrée pour la gestion d'activités a été acceptée par l'Argentine, le Chili, la Norvège, l'Espagne et le Royaume-Uni.
Cette stratégie recommandait une approche tenant compte de l'ensemble de l'île. L'île de la Déception serait proposée en tant que zone gérée spéciale de l'Antarctique (ZGSA) comprenant une matrice des zones spécialement protégées de l'Antarctique (ZSPA), des sites et monuments historiques (HSM) et d'autres zones où les activités seraient soumises à un code de conduite.
En mars 2001, l'Instituto Antártico Chileno a organisé un atelier à Santiago en vue de faire avancer le plan de gestion pour l'île de la Déception. Le groupe de travail sur l'île de la Déception s'est élargi pour inclure les Etats-Unis, ainsi que la Coalition sur l'Antarctique et l'océan austral (ASOC) et l'Association internationale des organisateurs de voyages (IAATO) pour conseiller le groupe.
En février 2002, la Dirección Nacional del Antártico (Argentine) a organisé une expédition sur l'île à la station Decepción. Les représentants issus des six programmes antarctiques nationaux ainsi que de l'ASOC et de l'IAATO ont participé. L'objectif global de l'expédition consistait à entreprendre un travail d'étude de base sur le terrain pour assister la préparation conjointe d'un ensemble de mesures de gestion par les six parties consultatives du Traité sur l'Antarctique pour l'île de la Déception.
Suite à une nouvelle consultation extensive, la première version de l'ensemble de mesures de gestion pour l'île de la Déception a été produite. Elle vise à conserver et protéger l'environnement unique de l'île de la Déception, tout en gérant la variété d'exigences concurrentes placées sur elle, notamment la science, le tourisme et la conservation de ses valeurs naturelles et historiques. Elle a également pour objectif de protéger ceux qui travaillent sur l'île ou qui la visitent. Les documents d'information soumis au CPE (XII SATCM/IP8, XXIV ATCM/IP63, XXV ATCM/IP28 et XXVI ATCM/IP48) donnent plus de détails sur la consultation extensive et les études du site qui ont généré la production de l'ensemble de mesures de gestion pour l'île de la Déception.
Conformément à l'article 6 (3) de l'Annexe V au Protocole environnemental, une procédure d'examen pour le plan de gestion a été lancée en 2010 et, d'après des discussions et de nouvelles informations, un plan de gestion révisé a été produit en 2012 et soumis à la considération et l'approbation du CPE/RCTA.
Plan de gestion pour la zone gérée spéciale de l'Antarctique n° 4 de l'île de la Déception dans les îles Shetland du Sud en Antarctique

  1. Valeurs à protéger et activités à encadrer

L'île de la Déception (62° 57' de latitude sud, 60° 38' de longitude ouest) dans les îles Shetland du Sud est une île unique de l'Antarctique avec d'importantes valeurs naturelles, scientifiques, historiques, éducatives et esthétiques.

i. Valeurs naturelles

― L'île de la Déception fait partie des deux seuls volcans dans l'Antarctique où des éruptions ont été observées. Elle a été responsable de nombreuses couches de cendres dispersées à travers les îles Shetland du Sud, le détroit de Bransfield et la mer de Scotia. Des cendres de l'île ont été trouvées dans un échantillon de carotte de glace provenant du pôle Sud. Au xxe siècle, le volcan est entré en éruption au cours de deux périodes brèves, la plus récente étant de 1967 à 1970. Il contient une caldeira active qui se déforme activement. Ainsi, il est probable que l'île de la Déception connaîtra d'autres éruptions à l'avenir.
― La zone compte un ensemble de flores exceptionnellement importantes, notamment au moins 18 espèces qui n'ont pas été signalées ailleurs dans l'Antarctique. Elle n'est comparable à aucune autre zone dans l'Antarctique. Les toutes petites communautés biologiques uniques associées aux zones géothermiques de l'île sont d'une importance particulière et la communauté la plus extensive connue de la plante à fleurs sagine antarctique (Colobanthus quitensis).
― Neuf espèces d'oiseaux marins se reproduisent sur l'île, notamment l'une des plus grandes colonies de manchots à jugulaire (Pygoscelis antarctica).
― L'habitat benthique de Port Foster présente un intérêt écologique du fait des perturbations naturelles causées par l'activité volcanique.

ii. Valeurs scientifiques et activités

― La zone présente un intérêt scientifique exceptionnel, en particulier pour les études en géoscience et en science biologique. Elle offre l'opportunité rare d'étudier les effets des changements environnementaux sur un écosystème et sur les dynamiques de cet écosystème alors qu'il se remet de perturbations naturelles.
― Des ensembles de données géochimiques, séismologiques et biologiques à long terme ont été recueillis à la station Decepción (Argentine) et la station Gabriel de Castilla (Espagne) (1).

iii. Valeurs historiques

― La zone a connu une longue histoire d'activités humaines depuis les années 1820, notamment exploration, chasse aux phoques, chasse à la baleine, aviation et recherches scientifiques, et à ce titre, elle a joué un rôle considérable dans les affaires de l'Antarctique.
― Dans la baie de Whalers, la station norvégienne de chasse à la baleine Hektor, le cimetière et d'autres artefacts, dont certains sont antérieurs à la station de chasse à la baleine, sont les vestiges de chasse à la baleine les plus importants dans l'Antarctique. La « Base B » britannique, qui a été établie dans la station abandonnée de chasse à la baleine, a été la première base de l'expédition secrète « Opération Tabarin » au cours de la Seconde Guerre mondiale et a ouvert la voie pour l'étude British Antarctic Survey. A ce titre, il s'agissait de l'une des toutes premières stations de recherche permanente dans l'Antarctique. Les vestiges des baleiniers et la « Base B » figurent sur la liste des sites et monuments historiques (HSM) n° 71. L'Annexe 3 contient la stratégie de conservation pour les HSM n° 71.
― Les vestiges de la station chilienne Presidente Pedro Aguirre Cerda à l'anse Pendulum figurent sur la liste de HSM n° 76. Des études météorologiques et volcanologiques ont été menées à la base depuis 1955 jusqu'à sa destruction par des éruptions volcaniques en 1967 et en 1969.

iv. Valeurs esthétiques

― La caldeira inondée de l'île de la Déception, sa forme en fer à cheval et son littoral oriental linéaire glacé, ses pentes volcaniques stériles, ses plages à vapeur et ses glaciers recouverts de cendres fournissent un paysage unique en Antarctique.

v. Valeurs éducatives

― L'île de la Déception est l'un des rares lieux au monde où des navires peuvent naviguer directement au centre d'une caldeira volcanique active, offrant aux visiteurs la possibilité d'en savoir plus sur les volcans et d'autres aspects du monde naturel, ainsi que sur les premières explorations, la chasse à la baleine et la science dans l'Antarctique. L'île de la Déception est également l'un des sites de l'Antarctique les plus fréquemment visités par les touristes.

(1) L'Espagne a recueilli des données séismologiques depuis l'ouverture de la station Gabriel de Castilla en 1989 ; les ensembles de données sont disponibles au Centre national des données polaires (NPDC) d'Espagne. Les ensembles de données biologiques ont été recueillis à intervalles irréguliers depuis 2001 et ils sont également disponibles au NPDC.

  1. Buts et objectifs

Le principal objectif de cet ensemble de mesures de gestion consiste à conserver et protéger l'environnement unique et exceptionnel de l'île de la Déception, tout en encadrant les diverses exigences qui s'y imposent, notamment la science, le tourisme et la conservation de ses valeurs naturelles et historiques. Il vise également à veiller à la sécurité de ceux qui travaillent sur l'île ou qui la visitent.
Les objectifs de gestion sur l'île de la Déception sont les suivants :
― aider à la planification et à la coordination des activités dans la zone, encourager une coopération entre les parties au Traité sur l'Antarctique et les autres parties prenantes et traiter les conflits d'intérêts potentiels ou réels entre les différentes activités, notamment la science, la logistique et le tourisme ;
― éviter la dégradation inutile par des perturbations humaines des valeurs naturelles uniques de la zone ;
― protéger en particulier les valeurs scientifiques et de la nature à l'état sauvage pour les espaces de la zone qui jusqu'ici n'ont pas été considérablement modifiés par des activités humaines (notamment les surfaces volcaniques récemment créées) ;
― minimiser la possibilité d'introduction d'espèces non indigènes du fait des activités humaines ;
― empêcher une perturbation, une destruction ou un retrait inutile de bâtiments, structures et artefacts historiques ;
― protéger des risques volcaniques ceux qui travaillent dans la zone ou à proximité ou ceux qui la visitent ;
― encadrer les visites dans cette île unique et promouvoir, par l'éducation, une sensibilisation à son importance.

  1. Activités de gestion

Pour atteindre les buts et objectifs de ce plan de gestion, les activités de gestion suivantes seront entreprises :
― Les parties ayant un intérêt actif dans la zone doivent établir un groupe de gestion de l'île de la Déception pour :
― coordonner les activités dans la zone ;
― faciliter la communication entre ceux qui travaillent dans la zone ou qui la visitent ;
― tenir à jour un dossier sur les activités dans la zone ;
― diffuser des informations et des éléments d'information sur l'importance de l'île de la Déception pour ceux qui la visitent ou qui y travaillent ;
― surveiller le site pour étudier les impacts cumulatifs issus des activités scientifiques, des installations permanentes, du tourisme/des visiteurs et de la gestion ;
― superviser la mise en œuvre de ce plan de gestion et le revoir selon que de besoin.
― Un Code de conduite général couvrant toute l'île pour les activités dans la zone est joint au présent plan de gestion de la ZGSA (voir Section 9). D'autres codes de conduite spécifiques au site sont joints à la stratégie de conservation pour le SMH n° 71 de la baie Whalers (Annexe 3), ainsi que le Code de conduite pour la zone des installations (Annexe 4), le Code de conduite pour les visiteurs (Annexe 5) et les Lignes directrices pour les visites de sites relatives à la baie Telefon, la baie Whalers, l'anse Pendulum et Baily Head. Ces codes de conduite et lignes directrices pour les visites de sites doivent être utilisés pour encadrer les activités dans la zone.
― Les programmes antarctiques nationaux qui travaillent dans la zone doivent s'assurer que leur personnel est informé et a connaissance des dispositions de ce plan de gestion et des documents joints.
― Les voyagistes qui visitent la zone doivent s'assurer que leurs personnels, équipages et passagers sont informés et ont connaissance des dispositions de ce plan de gestion et des documents joints.
― Des panneaux et balisages seront érigés selon les besoins et de façon appropriée pour indiquer les limites des ZSPA et d'autres zones, comme l'emplacement d'activités scientifiques. Les panneaux et balisages seront bien conçus pour être informatifs et évidents, sans toutefois constituer des obstacles. Ils seront également fixés et maintenus en bon état et retirés lorsqu'ils ne seront plus nécessaires.
― Le plan d'alerte volcanique (présenté dans l'Annexe 6) sera mis en œuvre. Ce plan ainsi que le plan d'évacuation d'urgence seront régulièrement revus.
― Les parties autorisant des activités dans la zone des îles Shetland du Sud doivent s'assurer que les responsables de l'activité sont conscients qu'il est préférable d'éviter d'utiliser l'île de la Déception comme port d'urgence en cas d'accidents/incidents maritimes du fait de la sensibilité écologique de l'île et de risques en matière de sécurité. Les parties doivent s'assurer que les responsables de l'activité se familiarisent avec les ports d'urgence alternatifs dans la zone et en encourager l'utilisation si la situation le rend possible et opportun.
― Des copies de ce plan de gestion et des documents joints, en anglais et en espagnol, seront rendues disponibles à la station Decepción (Argentine) et à la station Gabriel de Castilla (Espagne). Par ailleurs, le groupe chargé de la gestion de l'île de la Déception doit encourager les opérateurs antarctiques nationaux, les voyagistes et, dans la mesure du possible, les opérateurs de voiliers qui visitent la zone d'avoir des copies de ce plan de gestion à disposition lorsqu'ils visitent la zone.
― Des visites de la zone devront être conduites selon que de besoin (au moins une fois tous les 5 ans) par les membres du groupe de gestion de l'île de la Déception pour s'assurer que les exigences de ce plan de gestion sont respectées.

  1. Durée de désignation

Désignée pour une durée indéterminée.

  1. Description de la zone
    i. Coordonnées géographiques,
    bornage et éléments naturels

Description générale
L'île de la Déception (62° 57' de latitude sud, 60° 38' de longitude ouest) se trouve dans le détroit de Bransfield à l'extrémité méridionale des îles Shetland du Sud, au large de la côte nord-ouest de la péninsule Antarctique (cartes 1 et 2). La limite de la ZGSA est définie comme la ligne côtière externe de l'île au-dessus de la ligne de marée basse. Elle inclut les eaux et les fonds marins de Port Foster au nord d'une ligne qui traverse les soufflets de Neptune entre la pointe Entrance et les rochers Cathedral (carte 3). Aucun bornage n'est requis pour la ZGSA, car la côte est clairement définie et visuellement évidente.
Géologie, géomorphologie et activité volcanique
L'île de la Déception est un volcan basaltique actif. Elle a un diamètre de base submergé d'environ 30 km et s'élève à 1,5 km au-dessus du fond océanique. Le volcan a une grande caldeira inondée, conférant à l'île une forme distinctive en fer à cheval, rompue uniquement au niveau du versant sud-est par les soufflets de Neptune, un passage étroit peu profond d'environ 500 m de large.
L'éruption qui a formé la caldeira s'est déroulée il y a peut-être 10 000 ans. Une éruption explosive, violente et de grande envergure a évacué environ 30 km³ de roche fondue, si rapidement que la région au sommet du volcan s'est effondrée pour former la caldeira de Port Foster. Les retombées de cendre et les tsunamis qui en ont résulté ont eu un impact considérable sur l'environnement dans la région du nord de la péninsule antarctique. Le volcan était particulièrement actif à la fin des xviiie et xixe siècles, lorsque de nombreuses éruptions ont eu lieu. En revanche, les éruptions au xxe siècle se sont limitées à deux courtes périodes, aux alentours de 1906 à 1910 et de 1967 à 1970. En 1993, une activité sismique sur l'île de la Déception a été accompagnée d'une déformation du terrain et d'une augmentation des températures des nappes phréatiques autour de la station Decepción.
Depuis, le volcan a retrouvé son état normal, calme pour l'essentiel. Toutefois, le fond du Port Foster s'élève rapidement d'un point de vue géologique (environ 30 cm par an). Avec l'enregistrement d'éruptions historiques et la présence de longue date de zones d'activités géothermiques, cette caldeira est classée comme active avec un risque volcanique important.
Environ 57 % de l'île est recouvert de glaciers permanents, dont beaucoup sont recouverts de cendre volcanique. Des buttes et crêtes basses de débris transportés par la glace (moraines) sont présentes autour du pourtour des glaciers.
Un anneau presque complet de collines, s'élevant à 539 m au niveau du mont Pond, entoure l'intérieur effondré de Port Foster et il constitue la principale ligne de partage des eaux sur l'île. Des sources éphémères s'écoulent vers les côtes externes et intérieures. Plusieurs lacs se trouvent sur la ligne de partage intérieure du bassin.
Climat
Le climat de l'île de la Déception est maritime polaire. La température moyenne annuelle de l'air au niveau de la mer est de ― 2,9 °C. Les températures extrêmes vont de 11 °C à ― 28 °C. Les précipitations, dont plus de 50 % tombent en été, sont fortes pour la région, avec une moyenne annuelle équivalente à une pluviosité d'environ 500 mm. Les vents prédominants viennent du nord-est et de l'ouest.
Ecologie marine
L'écologie marine de Port Foster a été considérablement influencée par les activités volcaniques et les dépôts de sédiments. La ZSPA n° 145, comprenant deux sous-sites, se trouve dans la zone. Le plan de gestion pour la ZSPA n° 145, contenu dans l'Annexe 2, donne plus de détails sur l'écologie marine de Port Foster.
Flore
L'île de la Déception est un site botanique unique d'importance exceptionnelle. La flore comprend au moins 18 espèces de mousses, d'hépatiques et de lichens qui n'ont pas été signalées ailleurs dans l'Antarctique. De petites communautés, qui comprennent des espèces rares et des associations uniques de taxons, poussent dans un certain nombre de zones géothermiques, dont certaines comptent des fumerolles. De plus, la concentration la plus extensive connue de sagine antarctique (Colobanthus quitensis) se trouve entre Baily Head et la pointe sud-est.
Dans beaucoup de zones, les surfaces de terrain créées par les éruptions de 1967 à 1970 sont rapidement colonisées, probablement grâce à l'augmentation des températures estivales qui sont maintenant observées dans la péninsule antarctique sous l'effet du changement climatique régional.
La ZSPA n° 140, comprenant 11 sous-sites, se trouve dans la zone. Le plan de gestion pour la ZSPA n° 140 est contenu dans l'Annexe 1. Il donne plus de détails sur la flore de l'île de la Déception.
Invertébrés
Les invertébrés terrestres et d'eau douce observés sur l'île de la Déception comprennent 18 espèces d'acarina (acariens), 1 espèce de diptera (mouche), 3 espèces de tartigrada (tardigrades), 9 espèces de collembola (collemboles), 3 de crustacés d'eau douce, 14 de nématoda (nématodes), 1 de gastrochicha (gastrochiche) et 5 de rotifera (rotifères). Des colonies de tiques d'oiseaux marins (Ixodes uriae) sont fréquemment trouvées sous les roches à côté des roqueries de pingouins (par ex. : à la colonie du col de Vapour).
La zone intertidale des côtes de sédiments abrite un certain nombre d'espèces invertébrées, principalement dans la zone saturée : 3 espèces d'amphipodes, 3 espèces de prosobranches et un ensemble encore non identifié d'espèces oligochètes et polychètes. L'abondance et la biodiversité des invertébrés sont supérieures sur les plages de galets et de gros rochers que dans les sédiments sableux. Des macro-algues rouges et vertes sont fréquemment observées dans ces lieux, soit échouées, soit fixées à des pierres.
Oiseaux
Neuf espèces d'oiseaux se reproduisent dans la zone. Les plus nombreux sont les pingouins à jugulaire (Pygoscelis antarctica), avec une population estimée à environ 70 000 couples au total sur l'île. La plus grande colonie se trouve à Baily Head, avec les dernières estimations indiquant 50 000 couples (2). Au cours des 20 dernières années, la population de pingouins à jugulaire a décliné dans la zone, probablement du fait des effets du changement climatique sur l'abondance en krill. Les études les plus récentes indiquent un déclin de 50 % des couples à Baily Head depuis le recensement au cours de la saison 1986/87 (3).
Bien qu'il ait été possible d'observer occasionnellement des gorfous dorés (Eudyptes chrysolophus) nicher en petit nombre sur l'île, aucun oiseau en phase de reproduction n'a été observé ces deux dernières décennies. Les grands labbes (Catharacta antarctica lonnbergi), les labbes antarctiques (Catharacta maccormicki), les goélands dominicains (Larus dominicanus), les damiers du Cap (Daption capensis), les océanites de Wilson (Oceanites oceanicus), les sternes couronnées (Sterna vittata), les cormorants impériaux (Phalacrocorax bransfieldensis) et les chionis blancs (Chionis alba) se reproduisent également dans la zone.
Mammifères
L'île de la Déception n'abrite aucun mammifère en reproduction. Les otaries à fourrure de l'Antarctique (Arctocephalus gazella), les phoques de Weddell (Leptonychotes weddelli), les phoques crabiers (Lobodon carcinophagus), les éléphants de mer du sud (Mirounga leonina) et les léopards de mer (Hydrurga leptonyx) s'échouent sur les plages de la côte intérieure et extérieure. A de rares intervalles, il est possible d'observer des baleines ― principalement des baleines à bosses (Megaptera novaeangliae) ― au Port Foster. Les baleines à bosses sont aussi régulièrement visibles dans les eaux côtières de l'île à partir de fin décembre. Un grand nombre d'otaries à fourrure de l'Antarctique (environ 500) sont normalement visibles sur la plage située entre la pointe Entrance et la pointe Collins.

ii. Structures dans la zone

La station Decepción (Argentine) (62° 58' 20'' de latitude sud ; 60° 41' 40'' de longitude ouest) se trouve sur le littoral méridien de la baie des Fumerolles. La station Gabriel de Castilla (Espagne) (62° 58' 40'' de latitude sud, 60° 40' 30'' de longitude ouest) se trouve à environ 1 km au sud-est. Plus de détails sur les deux stations se trouvent dans le Code de conduite de la zone des installations (Annexe 4).
Les vestiges de la station de chasse à la baleine Hektor (Norvège) et d'autres vestiges antérieurs à la station de chasse à la baleine, le cimetière des baleiniers et l'ancienne « Base B » britannique (site et monument historique (SMH) n° 71) se trouvent dans la baie Whalers (consulter l'Annexe 3). Un certain nombre de chaudières à vapeur de la station de chasse à la baleine se sont échouées sur la côte sud-ouest de Port Foster. Les vestiges de la station chilienne Presidente Pedro Aguirre Cerda (SMH n° 76) se trouvent à l'anse Pendulum. Un refuge en bois abandonné se trouve à environ 1 km au sud-ouest du SMH n° 76.
Une balise lumineuse, entretenue par la marine chilienne, se trouve sur la pointe Collins. Une tour de phare effondrée, datant de la période de chasse à la baleine, se trouve en dessous. Les vestiges d'une autre tour de phare datant de la période de chasse à la baleine se trouvent à la pointe sud-est.
La poupe du Southern Hunter, un chasseur baleinier appartenant à la Christian Salvesen Company, qui a fait naufrage sur Ravn Rock aux soufflets de Neptune en 1956, reste sur la plage sans nom à l'ouest de la pointe Entrance.
Un certain nombre de balises et de cairns marquant des sites utilisés pour des relevés topographiques sont présents dans la zone.

(2) Les estimations s'appuient sur des études menées par les Etats-Unis au cours de la saison 2011/12. Les résultats de l'étude ont été soumis pour publication (consulter la note de bas de page 3 pour des détails sur la soumission). (3) Naveen, R., H. J. Lynch, S. Forrest, T. Mueller et M. Polito. 2012. La première étude directe sur les pingouins à travers l'ensemble du site de l'île de la Déception dans l'Antarctique suggère des déclins considérables chez les pingouins à jugulaire qui viennent se reproduire. Actuellement soumis à l'examen de Polar Biology. Barbosa, A., Benzal, J., De Leon, A., Moreno, J. Déclin de la population de pingouins à jugulaire (Pygoscelis antarctica) sur l'île de la Déception dans les îles Shetland du Sud dans l'Antarctique. Actuellement soumis à l'examen de Polar Biology (2e examen).

  1. Zones protégées et administrées
    dans la zone

La carte 3 présente l'emplacement des ZSPA, SMH, zone d'installation et autres sites suivants avec des dispositions de gestion spéciales dans la zone.
― ZSPA n° 140, comprenant 11 sites terrestres ;
― ZSPA n° 145, comprenant 2 sites marins dans Port Foster ;
― SMH n° 71, les vestiges de la station de chasse à la baleine Hektor et autres vestiges antérieurs à la station de chasse à la baleine, le cimetière des baleiniers et la Base B dans la baie Whalers ;
― SMH n° 76, les vestiges de la station Pedro Aguirre Cerda dans l'anse Pendulum ;
― Une zone d'installations, située sur le versant ouest de Port Foster, qui inclut la station Decepción et la station Gabriel de Castilla ;
― Quatre sites pour lesquels des lignes directrices pour les visiteurs de site ont été adoptées : anse Pendulum, Baily Head, baie Whalers et baie Telefon.

  1. Cartes

Carte 1 : L'emplacement de l'île de la Déception par rapport aux îles Shetland du Sud et à la péninsule Antarctique.
Carte 2 : L'île de la Déception ― Topographie.
Carte 3 : La zone gérée spéciale de l'Antarctique n° 4 de l'île de la Déception.

  1. Documents joints

Ce plan de gestion comprend en annexe les documents joints suivant :
― Plan de gestion pour la zone spécialement protégée de l'Antarctique n° 140 (Annexe 1).
― Plan de gestion pour la zone spécialement protégée de l'Antarctique n° 145 (Annexe 2).
― Stratégie de conservation pour le SMH n° 71 dans la baie Whalers (Annexe 3).
― Code de conduite pour la zone d'installations (Annexe 4).
― Code de conduite pour les visiteurs sur l'île de la Déception (Annexe 5).
― Plan d'alerte et stratégie d'évacuation pour les éruptions volcaniques sur l'île de la Déception (Annexe 6).
― Lignes directrices pour les visites de site : Baie Telefon (Annexe 7).
― Lignes directrices pour les visites de site : Baie Whalers (Annexe 8).
― Lignes directrices pour les visites de site : Baily Head (Annexe 9).
― Lignes directrices pour les visites de site : Anse Pendulum (Annexe 10).
― Mesures pratiques en matière de biosécurité (Annexe 11).
Ces annexes contenant les plans de gestion pour les ZSPA ou les lignes directrices pour les visiteurs de site seront tenues à jour avec les dernières versions de ces documents tels qu'adoptés par la RCTA.

  1. Code de conduite général
    i. Risque volcanique

Toutes les activités entreprises dans la zone doivent être planifiées et menées en tenant compte des risques considérables pour la vie des personnes qui sont posés par la menace d'une éruption volcanique (consulter l'Annexe 6).

ii. Accès à la zone et mouvements
à l'intérieur de la zone

L'accès à la zone se fait généralement par navire ou voilier, avec des débarquements généralement par petite embarcation ou, plus rarement, par hélicoptère.
Les navires arrivant à Port Foster ou en repartant doivent annoncer sur le canal 16 de la bande marine VHF l'heure et le sens de passage à travers les soufflets de Neptune.
Les navires peuvent s'arrêter en transit dans la ZSPA n° 145, mais il faut éviter de jeter l'ancre dans l'un des deux sous-sites, sauf en cas d'urgence extrême.
Il n'y a aucune restriction sur les débarquements sur des plages en dehors des zones protégées couvertes dans la Section 6, bien que la carte 3 présente les sites de débarquement recommandés. Les embarcations qui accostent doivent éviter de perturber les oiseaux et les phoques. Une prudence extrême est requise lors d'une tentative de débarquement sur la côte extérieure, du fait de la houle importante et des roches submergées.
La carte 3 présente les aires d'atterrissage recommandées pour les hélicoptères. Ces derniers doivent éviter de survoler les zones abritant une haute concentration d'oiseaux (colonie de pingouins ou autres colonies d'oiseaux de mer en phase de reproduction). L'exploitation d'aéronefs au-dessus de la zone doit être effectuée, au minimum, conformément à la résolution 4 (2004) Lignes directrices pour l'exploitation des aéronefs à proximité de concentrations d'oiseaux dans l'Antarctique .
Les déplacements dans la zone doivent se faire généralement à pied. Les véhicules tout-terrain peuvent également être utilisés, avec prudence toutefois pour les activités scientifiques et logistiques le long des plages en dehors de la ZSPA n° 140. Tous les déplacements doivent être entrepris pour minimiser la perturbation des animaux, du sol et des zones végétales et sans endommager ou déloger la flore.

iii. Activités qui sont ou peuvent être menées dans la zone,
notamment les restrictions de temps et de lieu

― Les recherches scientifiques ou le soutien logistique des recherches scientifiques, qui ne compromettront pas les valeurs de la zone ;
― Les activités de gestion, notamment la restauration des bâtiments historiques, le nettoyage des chantiers abandonnés et la surveillance de la mise en œuvre de ce plan de gestion ;
― Visites touristiques ou expéditions privées conformes aux Codes de conduite pour les visiteurs (Annexe 5) et aux dispositions de ce plan de gestion.
Il est déconseillé de passer l'hiver sur l'île de la Déception (sauf à des fins scientifiques) en raison de ses particularités en matière de sécurité (notamment lors d'opérations de sauvetage) relativement à toute activité volcanique potentielle sur l'île.
D'autres restrictions s'appliquent aux activités au sein de la ZSPA n° 140 et de la ZSPA n° 145 (consulter les Annexes 1 et 2).

iv. Installation, modification
ou retrait des structures

La sélection, l'installation, la modification ou le retrait de refuges temporaires, d'abris ou de tentes doivent être entrepris de façon à ne pas altérer les valeurs de la zone.
Les équipements scientifiques installés dans la zone doivent être clairement identifiés par pays, nom du chercheur principal, détails de contact et année d'installation. Tous ces éléments doivent être fabriqués à partir de matériaux posant un risque minimal de contamination de la zone. Tous les équipements et matériaux associés doivent être retirés quand ils ne sont plus utilisés.

v. Emplacement des camps

Les camps doivent se trouver sur des sites non végétalisés, comme sur des plaines de cendre, pentes ou plages arides ou sur de la neige épaisse ou un couvercle de glace dans la mesure du possible et ils doivent également éviter les concentrations de mammifères ou d'oiseaux en phase de reproduction. Les camps doivent également éviter les zones au sol géothermisé ou de fumerolles. De même, les sites de campement doivent éviter des lits de lac ou de source asséchés. Les sites de campements précédemment occupés doivent être réutilisés selon les besoins.
La carte 3 présente les sites recommandés pour des camps dans la zone.

vi. Collecte ou perturbation néfaste
de la flore ou de la faune indigène

Toute collecte ou perturbation nuisible de la faune et de la flore est interdite sauf avec un permis délivré à cet effet conformément à l'Annexe II du Protocole au Traité sur l'Antarctique relatif à la protection de l'environnement (1998). Dans le cas de prélèvements ou de perturbations nuisibles d'animaux à des fins scientifiques, le Code de conduite du SCAR pour l'utilisation d'animaux à des fins scientifiques dans l'Antartique (SCAR Code of Conduct for Use of Animals for Scientific Purposes in Antarctica) devra être utilisé comme norme minimale.

vii. Collecte ou retrait d'éléments
non introduits dans la zone

Les éléments ne doivent être retirés de la zone qu'à des fins scientifiques, de gestion, de conservation ou archéologiques et ces retraits doivent se limiter au minimum nécessaire pour répondre à ces besoins.
Si des objets susceptibles de provenir de l'un des sites ou monuments historiques dans la zone se trouvent dans d'autres zones de l'île, ils doivent être ramenés au site d'où ils proviennent et y être sécurisés pour éviter une nouvelle dispersion par le vent. Un rapport décrivant la nature des éléments et le lieu sur le site ou le monument historique où ils ont été sécurisés et entreposés doit être soumis au Président du groupe de gestion de l'île de la Déception, afin d'établir la méthode la plus appropriée pour traiter les débris (conservation pour préserver une valeur historique ou mise au rebut appropriée).

viii. Restrictions sur les matériaux et organismes
qu'il est possible d'introduire dans la zone

Il est interdit d'introduire des espèces non indigènes, sauf conformément à un permis délivré sur le fondement de l'Annexe II du Protocole au Traité sur l'Antarctique relatif à la protection de l'environnement. Les mesures recommandées visant à minimiser l'introduction involontaire d'espèces non indigènes sont mises en avant dans l'Annexe 11. Pour minimiser les risques d'introduction accidentelle ou involontaire d'espèces non indigènes, il faut consulter le Manuel sur les espèces non indigènes joint à la Résolution 6 (2011).

ix. Elimination des déchets

Tous les déchets autres que les déchets humains et liquides domestiques doivent être retirés de la zone. Les déchets humains et liquides domestiques provenant des stations ou des camps doivent être éliminés à Port Foster sous la ligne de marée basse et non pas dans les limites de la ZSPA n° 145. Les cours ou lacs d'eau douce ou les zones végétalisées ne doivent pas être utilisés pour éliminer les déchets humains.

x. Exigences relatives aux rapports

Les rapports sur les activités au sein de la zone, qui ne sont pas déjà couverts dans le cadre d'exigences existantes relatives aux rapports, doivent être mis à la disposition du Président du groupe de gestion de l'île de la Déception.

  1. Echange préalable d'informations

― Dans la mesure du possible, l'IAATO doit fournir au Président du groupe de gestion de l'île de la Déception des détails sur les visites programmées par les navires affiliés à l'IAATO. Les voyagistes non affiliés à l'IAATO doivent également informer des visites programmées le Président du groupe de gestion de l'île de la Déception.
― Dans la mesure du possible, toutes les parties doivent informer le Président du groupe de gestion de l'île de la Déception de toute expédition gouvernementale et non gouvernementale autorisée par leur autorité nationale compétente et qui prévoit de visiter ou de mener des activités dans la zone.
― Dans la mesure du possible, tous les programmes antarctiques nationaux doivent informer le Président du groupe de gestion de l'île de la Déception de l'emplacement, de la durée prévue et de toute considération spéciale liée au déploiement d'équipes de terrain, d'instruments de mesure scientifiques ou de parcelles botaniques sur les quatre sites couramment visités par les touristes (baie Whalers, anse Pendulum, Baily Head ou l'extrémité orientale de la baie Telefon). Ces informations seront transmises à l'IAATO (et, dans la mesure du possible, opérateurs non affiliés à l'IAATO).
Carte 1. ― L'emplacement de l'île de la Déception par rapport aux îles Shetland du Sud et à la péninsule Antarctique.

Vous pouvez consulter le tableau dans le
JOn° 19 du 23/01/2013 texte numéro 5

Carte 2. ― L'île de la Déception ― Topographie.

Vous pouvez consulter le tableau dans le
JOn° 19 du 23/01/2013 texte numéro 5

Carte 3. ― La zone gérée spéciale de l'Antarctique n° 4 de l'île de la Déception.

Vous pouvez consulter le tableau dans le
JOn° 19 du 23/01/2013 texte numéro 5

Annexe 1 : ZSPA n° 140.
Le plan actuellement en vigueur est disponible à l'adresse :
http://www.ats.aq/documents/recatt/Att291―f.pdf.
Annexe 2 : ZSPA n° 145.
Le plan actuellement en vigueur est disponible à l'adresse :
http://www.ats.aq/documents/recatt/Att284―f.pdf.
Annexe 3 : Stratégie relative à la conservation de la baie Whalers.

Stratégie de conservation pour le site et le monument
historique n° 71 de la baie Whalers sur l'île de la Déception

  1. Introduction
    1.1. Contexte général

Le site et monument historique n° 71 de la baie Whalers (62° 59' de latitude sud, 60° 34' de longitude ouest) se trouve sur l'île de la Déception dans les îles Shetland du Sud en Antarctique.
Les bâtiments, structures et autres artefacts sur le littoral de la baie Whalers, qui datent de la période de 1906 à 1931, représentent les vestiges de chasse à la baleine les plus importants dans l'Antarctique. D'autres bâtiments, structures et artefacts de la "Base B "britannique représentent un aspect important de l'histoire scientifique de la zone (1944-1969).
Initialement, les vestiges de la station norvégienne de chasse à la baleine Hektor dans la baie ont été inclus dans la liste du site et monument historique n° 71 dans le cadre de la mesure 4 (1995) selon une proposition du Chili et de la Norvège. L'étendue du site historique a été agrandie en 2003 au moyen de la mesure 3 (2003) (voir Section 3).

1.2. Bref contexte historique (1906-1969)

Au cours de l'été austral 1906-07, le capitaine norvégien Adolfus Andresen, fondateur de la Sociedad Ballenera de Magallanes au Chili, a commencé à chasser les baleines sur l'île de la Déception. La baie Whalers servait de zone de mouillage abritée pour les navires-usines qui traitaient la graisse de baleine. En 1908, un cimetière a été établi ici. Le cimetière a été partiellement enseveli et balayé au cours d'une éruption volcanique en 1969, alors qu'il comptait 35 tombes et un monument aux morts à la mémoire de dix hommes qui avaient disparu en mer (seul un corps a été récupéré). En 1912, la société norvégienne Aktieselskabet Hektor a établi la station côtière de chasse à la baleine dans la baie Whalers. La station de chasse à la baleine Hektor est restée en service jusqu'en 1931.
Au cours de l'été austral 1943-44, le Royaume-Uni a établi une base permanente (Base B) dans une partie de la station de chasse à la baleine abandonnée. La Base B a été utilisée comme station scientifique britannique, puis par le British Antarctic Survey, jusqu'en 1969, lorsqu'elle a été gravement endommagée par un flux de boue et de cendres généré par une éruption volcanique et elle a été abandonnée.
La pièce jointe A contient plus de détails sur l'histoire de la baie Whalers, notamment une bibliographie.

1.3. Buts et objectifs de la stratégie de conservation

L'objectif général de la stratégie de conservation consiste à protéger les valeurs du site historique de la baie Whalers. Les objectifs consistent à :
― Entretenir et préserver le patrimoine culturel et les valeurs historiques du site dans les contraintes des processus naturels. Envisager d'effectuer des travaux de restauration et de conservation mineurs alors qu'il est acquis que les processus naturels continueront de détériorer les bâtiments, structures et autres artefacts au fil du temps.
― Eviter des perturbations humaines inutiles pour le site, ses caractéristiques et ses artefacts. Tous les efforts doivent être mis en œuvre pour s'assurer que les activités humaines sur le site n'altèrent pas ses valeurs historiques. Il est interdit d'endommager, de retirer ou de détruire des bâtiments ou structures conformément à l'article 8 (4) de l'Annexe V au Protocole du Traité sur l'Antarctique relatif à la protection de l'environnement.
― Permettre un nettoyage continu des débris. De grandes quantités de déchets sont présentes dans les bâtiments et aux alentours dans la baie Whalers. Des débris dispersés par le vent sont présents sur le site. Il y a également des déchets dangereux, notamment du gasoil et de l'amiante. Un nettoyage majeur des débris et déchets libres, identifiés par des experts de la protection de l'environnement comme ne formant pas une part importante des vestiges historiques, a été entrepris en avril 2004. De plus, un programme de nettoyage continu des débris résultant de la détérioration progressive des structures sera lancé. Tout retrait de débris ne doit être entrepris que conformément aux conseils d'un expert du patrimoine historique, et une information suffisante sur le sujet doit être rassemblée avant le retrait de ces débris.
― Informer les visiteurs pour comprendre, respecter et prendre soin des valeurs historiques du site. Le site historique de la baie Whalers est l'un des sites les plus visités de l'Antarctique. Des informations sur la signification historique du site et la nécessité de préserver ses valeurs seront à la disposition des visiteurs.
― Protéger l'environnement naturel et culturel du site. La baie Whalers est partie intégrante de l'environnement unique de l'île de la Déception. Les activités sur le site doivent être entreprises de façon à minimiser les impacts sur l'environnement naturel et culturel.

  1. Parties chargées de la gestion

Le Chili, la Norvège et le Royaume-Uni devront se consulter dans le cadre du groupe de gestion de l'ensemble de l'île de la Déception pour s'assurer de la mise en œuvre des dispositions de cette stratégie de conservation et de l'atteinte de ses objectifs.

  1. Description du site

Le site comprend tous les vestiges antérieurs à 1970 sur le littoral de la baie Whalers, y compris ceux qui datent du début de la période de chasse à la baleine (1906-12) initiée par le capitaine Adolfus Andresen de la Sociedad Ballenera de Magallanes au Chili ; les vestiges de la station norvégienne de chasse à la baleine Hektor établie en 1912 et tous les artefacts associés à son exploitation jusqu'en 1931 ; le site d'un cimetière avec 35 tombes et un monument aux morts à la mémoire de dix hommes disparus en mer et les vestiges datant de la période d'activités scientifiques et cartographiques menées par les Britanniques (1944-1969). Le site illustre et rappelle également la valeur historique d'autres événements qui se sont déroulés ici, dont il ne reste rien.

3.1. Limites du site

La carte 1 présente la limite du site historique de la baie Whalers. Il comprend la plus grande partie de la plage de la baie Whalers, entre la fenêtre de Neptune et l'ancien hangar d'avions du BAS. Des balisages, qui compromettraient la valeur esthétique du site, n'ont pas été érigés. La carte 1 présente également les principaux bâtiments et structures historiques du site.

3.2. Vestiges historiques

Le Tableau 1 dresse un récapitulatif des principaux bâtiments, installations et autres structures sur le site. Des informations plus détaillées sur ces structures historiques sont fournies dans la pièce jointe B et leur emplacement est indiqué sur la carte 1.

Tableau 1
Vestiges historiques sur le site historique de la baie Whalers

| # (4) | STRUCTURE |CARTE 1 (5)| |------------------------------|-------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------|-----------| |Période de chasse à la baleine| | | | WB1 |Divers vestiges issus de la période de chasse à la baleine sur l'île de la Déception (1906-1931), notamment :
― bateaux-citernes et embarcations à rames
― puits et maisons de tête de puits
― entrepôt
― tonneaux en bois et en métal
― barrages| 14 | | WB2 | Cimetière (1 croix et 1 cercueil vide actuellement visibles). NB : le tas de pierres devant la croix d'origine N'INDIQUE PAS une tombe, mais il s'agit d'un nouvel ajout par des visiteurs. Une croix de monument aux morts a été introduite sur le site. | Croix | | WB3 | Résidence du magistrat | 3 | | WB4 | Hôpital/Entrepôt | 2 | | WB5 | Chaudières | 7 | | WB6 | Cuisinières et équipements associés, notamment :
― grilles de cuisson
― roue d'entraînement
― treuil à vapeur | 7 | | WB7 | Fondation du bâtiment de cuisine/cantine (par la suite réutilisée pour les fondations du presbytère) et porcherie | 4 | | WB8 | Réservoirs de stockage de carburant | 10, 11 | | WB9 | Ponton semi-flottant | 12 | | WB10 | Baraques des baleiniers (par la suite renommées Biscoe House) | 5 | | Période scientifique | | | | WB11 | Hunting Lodge (société britannique Hunting Aerosurveys) | 9 | | WB12 | Hangar à avions (6) | 1 | | WB13 | Tracteur de marque Massey Ferguson | 6 |

3.3. Environnement naturel

L'éruption volcanique de 1967 sur l'île de la Déception a entraîné le dépôt d'une couche de cendres de 1 à 5 cm sur la baie Whalers, tandis que l'éruption de 1969 a généré un lahar (glissement de boue) qui a partiellement enseveli le site. Des terrasses fluviales fragiles se trouvant au nord de la station de chasse à la baleine présentaient une importance géologique, bien qu'elles soient aujourd'hui naturellement érodées par les cours d'eau de fonte.
La zone immédiate à l'ouest du site historique, notamment le lac Kroner, la plaine du cratère de la colline Ronald et la vallée qui les relie, est désignée comme faisant partie de la ZSPA n° 140 du fait de son importance botanique et limnologique exceptionnelle.
D'autres zones d'importance botanique se trouvent sur le site historique. Elles comprennent un affleurement de scories géothermiques à l'est de la station de chasse à la baleine, autour de la Hunting Lodge, à l'intérieur des deux réservoirs d'huile de baleine accessibles, autour du site du cimetière et sur les falaises et roches massives des rochers Cathedral et de la fenêtre de Neptune. Ailleurs, des structures en bois et en fer, des briques et du mortier sont colonisés par divers lichens crustacés, tous courants sur les substrats naturels de l'île.
Les goélands dominicains (Larus dominicanus), les océanites de Wilson (Oceanites oceanicus) et les sternes couronnées (Stern vittata) se reproduisent dans la baie Whalers et les damiers du Cap (Daption capensis) nichent dans les rochers Cathedral surplombant le site.

(4) Le numéro de référence renvoie aux informations contenues dans la pièce jointe B. (5) Référence à l'emplacement sur la carte (carte 1). (6) Un de Havilland DHC-3 Single Otter a été retiré du site en avril 2004 par le BAS pour conservation au de Havilland Aircraft Heritage Centre, London Colney, Royaume-Uni. L'intention est de le renvoyer à la baie Whalers une fois que ce sera possible de le faire en toute sécurité. Cette position doit être réexaminée en 2014.

  1. Gestion du site
    4.1. Accès au site et déplacements
    à l'intérieur du site

Toutes les visites doivent se conformer aux lignes directrices de sites adoptées pour les visiteurs de la baie Whalers (7). De plus, ce qui suit doit être utilisé pour guide relativement à l'accès au site et aux déplacements à l'intérieur du site :
― Les véhicules motorisés ne doivent être utilisés que dans le SMH pour des activités scientifiques, de conservation ou de nettoyage (par ex. : retrait de déchets).
― Les atterrissages d'hélicoptères, lorsqu'ils sont nécessaires à des fins de conservation ou de gestion, ne doivent être entrepris que sur l'aire d'atterrissage désignée (indiquée sur la carte 1) pour éviter les dangers associés aux débris libres et d'endommager des structures ou de perturber la vie sauvage.
― Les camps établis à des fins scientifiques ou de gestion doivent se trouver dans la zone à l'est du ponton semi-flottant indiqué sur la carte qui a été fournie dans la pièce jointe B. Il est interdit d'utiliser des bâtiments pour camper, sauf en cas d'urgence.

(7) Les lignes directrices de sites sont disponibles sur le site internet du STA : www.ats.aq/siteguidelines/documents/Whalers_bay_f.pdf

4.2. Installation, modification ou retrait des structures

― Conformément à l'article 8 de l'Annexe V au Protocole du Traité sur l'Antarctique relatif à la protection de l'environnement (1998), les structures, installations et artefacts historiques sur le site ne doivent pas être endommagés, retirés ou détruits. Les graffitis considérés avoir une importance historique ne doivent pas être retirés. Il ne faut pas ajouter de nouveaux graffitis.
― Les travaux de conservation et/ou de restauration acceptés par les parties chargées de la gestion peuvent être accomplis. Des travaux sur les bâtiments et structures peuvent être nécessaires pour les sécuriser ou empêcher d'endommager l'environnement.
― Aucun nouveau bâtiment ni aucune nouvelle structure (en dehors des éléments de vulgarisation acceptés par le Chili, la Norvège et le Royaume-Uni en consultation avec le groupe de gestion de l'île de la Déception) ne doivent être érigés sur le site.
― Les vestiges et artefacts historiques qui se trouvent à d'autres endroits de l'île de la Déception ou ailleurs et qui proviennent de la baie Whalers peuvent être renvoyés sur le site après que cela a été dûment étudié par les parties chargées de la gestion.

4.3. Lignes directrices applicables aux visiteurs

Les lignes directrices de site pour les visiteurs de la baie Whalers (adoptées par la RCTA) s'appliquent à tous les visiteurs, notamment dans le cadre de visites par des voyagistes commerciaux (affiliés ou non à l'IAATO), d'expéditions privées ainsi qu'au personnel d'un programme antarctique national qui entreprendrait des visites d'agrément (8).

(8) Les lignes directrices sont disponibles sur le site internet du STA : www.ats.aq/siteguidelines/documents/Whalers_bay_f.pdf

4.4. Informations

― Un panneau d'information, agréé par les parties chargées de la gestion, sera placé sur l'aire d'atterrissage/de débarquement recommandée. Il conviendra également d'étudier la pose de panneaux appropriés et nécessaires pour informer les visiteurs sur les dangers en matière d'hygiène et de sécurité.
― Des plaques commémoratives (par ex. : listant les noms des personnes enterrées dans le cimetière ou à la mémoire du capitaine Adolfus Andresen) peuvent également être placées dans le site.
― Les balisages ne sont pas considérés comme nécessaires, car ils altèreraient la valeur esthétique du site. Les limites suivent généralement des éléments naturels clairement visibles.
― Les parties chargées de la gestion diffuseront d'autres informations sur l'importance du site historique et la nécessité d'en préserver les valeurs.

4.5. Etablissement de rapports et dossiers

Les dossiers suivants doivent être tenus à jour par les parties chargées de la gestion :
― nombre de touristes débarquant sur le site ;
― nombre de scientifiques et d'employés qui les accompagnent pour la logistique visitant le site ;
― travail de conservation et de nettoyage effectué ;
― rapports d'inspection du site, notamment des rapports et photographies sur l'état des vestiges historiques.

Illustration 1. ― Zone des installations

Vous pouvez consulter le tableau dans le
JOn° 19 du 23/01/2013 texte numéro 5

Annexe 4 : Code de conduite sur la zone des installations
Code de conduite pour la zone des installations de la ZGSA n° 4 sur l'île de la Déception, y compris la station Decepción (Argentine) et la station Gabriel de Castilla (Espagne)

  1. Introduction

La ZGSA de l'île de la Déception comprend une zone des installations (illustration 1) où se trouve la station Decepción (Argentine, illustration 2) et la station Gabriel de Castilla (Espagne, illustration 3). La carte présente l'étendue de la zone des installations, qui comprend les deux stations, la zone de la plage avoisinante et un petit lac sans nom à l'ouest du lac Cratère, duquel on extrait de l'eau douce. Les activités dans cette zone doivent être entreprises conformément à ce Code de conduite, dont les objectifs sont les suivants :
― encourager la poursuite d'études scientifiques sur l'île de la Déception, notamment l'établissement et l'entretien d'une infrastructure adaptée à ces activités ;
― préserver les valeurs naturelles, scientifiques et culturelles de la zone des installations ;
― protéger l'hygiène et la sécurité du personnel des stations.
Ce Code de conduite récapitule les procédures des stations existantes, dont un exemplaire est disponible (en espagnol uniquement) aux stations Decepción et Gabriel de Castilla.
Le personnel et les visiteurs seront informés du contenu de ce Code de conduite au cours de programmes de formation préalables à leur départ et de sessions d'information à bord des navires avant l'arrivée à la station.
Un exemplaire de l'ensemble de mesures de gestion complet de la ZGSA sur l'île de la Déception sera conservé à la station Decepción et à la station Gabriel de Castilla, où des cartes et affiches d'information concernant la ZGSA seront également affichées.

  1. Bâtiments et services
    2.1. Bâtiments

― Une Evaluation d'impact environnemental (EIE) doit être réalisée pour la construction de nouveaux bâtiments permanents dans les stations conformément à l'Annexe I du Protocole relatif à la protection de l'environnement.
― Une EIE doit également être réalisée pour l'extraction de roches dans le but d'entretenir les bâtiments existants, conformément à l'Annexe I au Protocole relatif à la protection de l'environnement, ainsi qu'avec l'accord préalable des autorités nationales d'Argentine (station Decepción) ou d'Espagne (station Gabriel de Castilla).
― Il conviendra d'étudier la réutilisation des sites existants dans la mesure du possible, afin de minimiser les perturbations occasionnées.
― Les bâtiments doivent être maintenus en bon état. Les bâtiments qui ne sont pas actuellement utilisés doivent être régulièrement contrôlés et leur retrait éventuel doit être évalué.
― Les chantiers doivent être maintenus aussi propres que possible.

2.2. Production d'électricité

― Maintenir les générateurs en bon état et entreprendre des inspections régulières de façon à minimiser les émissions et les risques de fuites de carburant.
― S'assurer d'une consommation d'énergie économe et donc d'une utilisation et d'émissions de carburant réduites.
― L'utilisation de sources d'énergie renouvelable sera encouragée, selon les besoins.

2.3. Alimentation en eau

― Il est interdit de manipuler ou d'éliminer des déchets, du carburant ou d'autres substances chimiques dans la zone de captage d'eau des stations.
― L'utilisation de véhicules dans la zone de captage d'eau ne sera permise qu'à des fins essentielles.
― Assurer la conduite de tests réguliers de la qualité de l'eau ainsi que le nettoyage des réservoirs d'eau.
― Réglementer la consommation en eau de façon à éviter une extraction inutile.

  1. Manipulation des carburants

― Le bon état des installations de stockage de carburants en vrac, des conduites d'alimentation, des pompes, des dérouleuses et autres appareils de manutention de carburants sera régulièrement inspecté.
― Dans les deux stations, le stockage de carburants comprend un confinement secondaire. Le carburant en barils doit être entreposé en intérieur. Dans la mesure du possible, les zones de stockage doivent être correctement aérées et situées à l'écart des systèmes électriques. Les installations de stockage doivent également se situer à l'écart des installations d'hébergement pour des raisons de sécurité.
― Toutes les mesures possibles seront prises pour éviter des déversements de carburants, en particulier lors de son transport (par exemple, transfert d'un navire vers le rivage par oléoduc ou Zodiac, ravitaillement en carburant des réservoirs journaliers).
― Tout déversement de carburants, d'huile ou de lubrifiant sera immédiatement signalé au responsable de station puis à l'autorité nationale.
― S'assurer que des équipements adaptés à la lutte contre les fuites de carburants (par exemple des absorbants) sont stockés dans un endroit clairement identifié et sont immédiatement disponibles pour lutter contre toute fuite qui surviendrait.
― Le personnel des stations sera formé à l'utilisation des équipements de lutte contre les fuites. Des exercices d'entraînement seront conduits au début de chaque saison.
― En cas de fuite de carburants, des mesures d'intervention devront être prises conformément au plan d'urgence relatif aux fuites de carburants disponible dans chacune des stations.
― Les déchets d'hydrocarbures seront conditionnés dans des conteneurs adaptés et éliminés conformément aux procédures des stations.

  1. Prévention et lutte contre les incendies

― Des panneaux indiquant les zones non-fumeurs et les substances inflammables seront apposés selon que de besoin.
― Les équipements de lutte contre les incendies seront disponibles dans les sites de stockage de carburant et ailleurs. Ces équipements seront clairement identifiés.

  1. Gestion des déchets

― La gestion des déchets, y compris la réduction du volume des déchets et la disponibilité d'équipements et de matériels de conditionnement adaptés, sera prise en compte dans la planification et la conduite de toutes les activités dans les stations Decepción et Gabriel de Castilla.
― Tout le personnel des stations sera dûment informé des dispositions de l'Annexe III au Protocole relatif à la protection de l'environnement.
― Un coordinateur de gestion des déchets sera désigné dans chaque station.
― Les déchets seront triés à la source et entreposés de manière sécurisée sur le site avant leur retrait. Après chaque saison estivale, les déchets générés aux stations Decepción et Gabriel de Castilla seront retirés de la zone du Traité sur l'Antarctique.
― Des tests réguliers des effluents d'eau déversés dans le Port Foster seront entrepris.
― Toute substance susceptible de nuire au fonctionnement du système de traitement des effluents des stations ne sera pas éliminée via le système d'évacuation des eaux (y compris les toilettes et les lavabos).
― Le nettoyage autour des sites d'élimination des déchets sur le sol et dans les chantiers abandonnés sera considéré comme une priorité, sauf lorsque le retrait entraînerait des impacts pour l'environnement plus néfastes que de laisser la structure ou les déchets sur place.
― Le personnel des deux stations doit régulièrement participer à des activités de nettoyage dans la zone des installations, de façon à minimiser la dispersion de déchets autour des stations.
― A la fin de chaque saison estivale, les activités liées au nettoyage et au retrait des déchets seront signalées à l'autorité nationale appropriée.

  1. Autres questions opérationnelles
    6.1. Communications

― L'installation d'antennes permanentes ou temporaires doit être étudiée avec prudence par le biais des procédures d'évaluation environnementales en place.
― Le canal 16 de la bande marine VHF sera surveillé.
― Tout le personnel des stations quittant la zone des installations doit être équipé d'une radio VHF.

6.2. Utilisation de véhicules et de petites embarcations

― Des véhicules ne doivent être utilisés qu'autour des stations et entre elles selon les besoins.
― Dans la mesure du possible, entretenir les pistes établies dans la zone des stations.
― Le ravitaillement en carburants et l'entretien des véhicules seront effectués aux installations prévues à cet effet. Tous les efforts doivent être mis en œuvre pour éviter des déversements au cours du ravitaillement en carburants et durant les opérations de maintenance.
― Ne pas utiliser des véhicules à proximité d'équipements scientifiques sensibles, à travers des flores ou près de concentrations de faune ou de façon inutile dans la zone de captage d'eau.
― Les petites embarcations qui sont utilisées en dehors des stations Decepción ou Gabriel de Castilla ne doivent l'être que dans Port Foster, lorsque les conditions météorologiques le permettent, et principalement pour des raisons scientifiques et logistiques. Aucune petite embarcation ne sera utilisée en dehors de Port Foster. Eviter d'utiliser de petites embarcations à proximité de falaises et/ou de glaciers afin d'éviter des chutes de rochers ou de glace.
― Lors de l'utilisation d'une embarcation, une deuxième embarcation sera en attente à la station pour intervenir immédiatement en cas d'urgence.
― Les petites embarcations seront utilisées par au moins deux personnes. Les équipements essentiels comprendront des combinaisons de survie en mer, des gilets de sauvetage et des liaisons radio appropriées (par exemple radios VHF).

6.3. Exploitation d'aéronefs

― Les hélicoptères décolleront généralement depuis l'héliport de la station Decepción et y atterriront. Occasionnellement, des motifs operationnels peuvent rendre nécessaire de les faire décoller depuis d'autres lieux appropriés dans la zone des installations ou de les y faire atterrir.

6.4. Déplacements sur le terrain

― Tous les déchets des camps, sauf pour les déchets humains (fèces, urine et eau usée) seront renvoyés aux stations pour être éliminés en toute sécurité. Les déchets humains et liquides domestiques doivent être éliminés dans Port Foster sous la ligne de marée basse.
― Le responsable de la station et/ou le membre de la station chargé de l'environnement informera les équipes de terrain de la manière de protéger l'environnement sur le terrain, de l'emplacement des zones protégées et des dispositions du plan de gestion de la ZGSA.
― Aucun produit de volaille crue ne sera utilisé par les parties sur le terrain.
― Toutes les équipes de terrain seront équipées de radios VHF.

  1. Zones protégées

― Trois sous-sites terrestres de la ZSPA n° 140 (Site B ― lac Cratère, Site C ― colline sans nom, extrémité méridionale de la baie des Fumerolles et Site D ― baie des Fumerolles) se trouvent à proximité de la zone des installations. Le personnel des stations sera informé de l'emplacement de toutes les zones protégées sur l'île de la Déception et des restrictions pour y accéder. Les informations sur ces zones protégées, notamment une carte indiquant leur emplacement, seront affichées bien en évidence dans les deux stations.

  1. Flore et faune

― Toute activité impliquant un prélèvement ou une perturbation nuisible de la flore ou de la faune indigène (définie dans l'Annexe II au Protocole) est interdite à moins d'obtenir une autorisation par un permis délivré par l'autorité appropriée.
― Une distance de précaution appropriée d'au moins 10 mètres doit être maintenue par rapport aux oiseaux ou phoques présents dans la zone des installations.
― Le personnel et les visiteurs doivent marcher lentement et prudemment lorsqu'ils sont proches d'animaux sauvages, en particulier pour éviter les oiseaux qui nichent, muent, s'occupent de leur progéniture ou qui reviennent après avoir cherché de la nourriture. Accorder systématiquement la priorité à la vie sauvage.
― Ne pas nourrir les oiseaux avec des restes de nourriture issus des stations. Les déchets alimentaires seront sécurisés pour éviter que les oiseaux ne viennent s'en nourrir.
― Toutes les précautions raisonnables seront prises pour éviter d'introduire des micro-organismes et d'autres espèces non indigènes ou des espèces provenant d'autres sites de l'Antarctique. Les mesures recommandées visant à minimiser l'introduction involontaire d'espèces non indigènes se trouvent dans l'Annexe 11 au plan de gestion de l'île de la Déception.
― L'introduction d'herbicides, de pesticides ou d'autres substances nuisibles est interdite.
― A la fin de chaque saison estivale, un rapport sur les activités impliquant des prélèvements ou des perturbations nuisibles de la flore et de la faune sera transmis aux autorités nationales appropriées.

  1. Visites touristiques dans la zone d'installations

― Toutes les visites de la station Decepción (Argentine) ou de la station Gabriel de Castilla (Espagne) ne peuvent être entreprises qu'à la discrétion du responsable de la station concernée. Il est possible d'établir un contact par le canal 16 de la bande marine VHF. Les visites ne seront autorisées que si elles ne perturbent pas les travaux scientifiques ou logistiques.
― Les visites doivent être entreprises conformément à la recommandation XVIII-1, mesure 15 (2009) « Débarquement de personnes de navires à passagers dans la zone du Traité sur l'Antarctique », résolution 7 (2009) « Principes généraux du tourisme en Antarctique » et résolution 3 (2011) « Lignes directrices générales pour les visiteurs en Antarctique ».
― Les responsables des stations coordonneront les visites aux stations avec les responsables d'expédition.
― Les visiteurs seront informés sur les principes de ce Code de conduite, ainsi que sur le plan de gestion de la ZGSA.
― Le responsable de station désignera un guide (anglophone, selon les besoins et dans la mesure du possible) pour escorter les visiteurs autour de la station, afin d'assurer la conformité aux mesures incluses dans ce Code de conduite.
― Les autorités nationales qui exploitent les stations Decepción et Gabriel de Castilla informeront le Secrétariat du Traité sur l'Antarctique, le COMNAP et l'IAATO en cas de risque évident d'éruption volcanique. Les stations devront informer tout navire se trouvant dans la zone de tout danger immédiat.

  1. Coopération et mise en commun des ressources

― Les deux stations coordonneront et mèneront régulièrement et conjointement des exercices d'évacuation d'urgence et de lutte contre des fuites d'hydrocarbures et contre les incendies.

Illustration 1. ― Zone des installations.

Vous pouvez consulter le tableau dans le
JOn° 19 du 23/01/2013 texte numéro 5

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JOn° 19 du 23/01/2013 texte numéro 5

Annexe 5 : Code de conduite
des sites ouverts aux visiteurs
Code de conduite pour les visiteurs
de l'île de la Déception

  1. Introduction

Ce code de conduite a été rédigé pour les voyagistes commerciaux (affiliés ou non à l'IAATO), les expéditions privées et le personnel des programmes antarctiques nationaux qui entreprendraient des visites d'agrément sur l'île de la Déception.
Il est généralement possible de visiter quatre sites sur l'île de la Déception : baie Whalers, Baily Head, anse Pendulum et baie Telefon (est). L'anse Stancomb dans la baie Telefon est également utilisée en tant que zone de mouillage pour les voiliers. Les visites de la station Decepción (Argentine) et de la station Gabriel de Castilla (Espagne) ne sont autorisées que sur accord préalable avec les responsables des stations concernées. Les visites touristiques ou d'agrément d'autres sites sur l'île sont déconseillées.

  1. Lignes directrices générales

Les lignes directrices générales qui suivent s'appliquent à tous les sites précités suceptibles d'être visités sur l'île de la Déception :
― Les visites doivent être entreprises conformément au plan de gestion pour la ZGSA n° 4 de l'île de la Déception, aux lignes directrices générales pour les visiteurs en Antarctique (résolution 3 (2011)) et à la recommandation XVIII-1.
― Toutes les visites doivent être planifiées et menées en tenant compte des risques considérables pour la vie des personnes qui sont posés par la menace d'une éruption volcanique.
― Les responsables d'expédition de navires de croisière et les commandants de navires de soutien des programmes nationaux sont encouragés à échanger leurs itinéraires afin d'éviter la convergence involontaire simultanée de deux navires sur un site.
― Les navires arrivant à Port Foster ou en repartant doivent annoncer sur le canal 16 de la bande marine VHF l'heure et le sens de passage prévus dans les soufflets de Neptune.
― Pour les exploitants de croisières commerciales, un maximum de 100 passagers peuvent être débarqués sur le site à tout moment, accompagnés au minimum d'un membre du personnel d'expédition pour 20 passagers.
― Ne pas marcher sur la végétation comme les mousses ou les lichens. La flore de l'île de la Déception est d'une importance scientifique exceptionnelle. Il est permis de marcher sur l'algue Prasiola crispa (associée aux colonies de pingouins) car cela n'entraîne pas de perturbation indésirable.
― Se tenir à une distance appropriée et sûre des oiseaux ou des phoques de façon à éviter de les perturber. En règle générale, maintenir une distance de 5 mètres. Dans la mesure du possible, rester à au moins 15 mètres des otaries à fourrure.
― Pour empêcher des introductions biologiques, laver les bottes et nettoyer les vêtements, sacs, trépieds et cannes avec grand soin avant de débarquer.
― Ne pas laisser de détritus.
― Ne pas prélever des souvenirs de nature biologique ou géologique ni perturber les artefacts.
― Ne pas écrire ou dessiner des graffitis sur des structures artificielles ou des surfaces naturelles.
― Des équipements scientifiques sont régulièrement déployés pendant l'été austral par les programmes antarctiques nationaux dans un certain nombre d'emplacements sur l'île de la Déception. Le programme antarctique espagnol déploie des équipements pour un contrôle sismique important et nécessaire. Ces équipements sont très sensibles aux perturbations. Il faut rester à au moins 20 mètres des équipements de contrôle sismique, qui seront marqués d'un fanion rouge. La distance est à l'étude ― des révisions seront fournies selon les besoins.
― Ne pas toucher ou perturber d'autres types d'instruments de mesure ou de balises scientifiques (par exemple, pieux en bois marquant les balises botaniques).
― Ne pas toucher ou perturber les dépôts sur le terrain ou d'autres équipements entreposés par les programmes antarctiques nationaux.

  1. Lignes directrices spécifiques au site
    3.1. Baie Whalers (62° 59' de latitude sud,
    60° 34' de longitude ouest)

La baie Whalers est le site le plus visité sur l'île de la Déception et il s'agit de l'un des sites les plus visités de l'Antarctique. C'est une petite baie immédiatement à l'est après avoir traversé Port Foster par les soufflets de Neptune. Elle a été baptisée par l'explorateur français Jean-Baptiste Charcot en raison de la chasse à la baleine qui s'y déroulait. Le site comprend les vestiges de la station norvégienne de chasse à la baleine Hektor, le site du cimetière et la « Base B » britannique abandonnée, ainsi que les vestiges de chasse à la baleine le long de la plage, dont certains sont antérieurs à la station de chasse à la baleine. L'Annexe 3 « Stratégie de conservation pour le site et monument historique n° 71 de la baie Whalers » contient des informations complémentaires sur la baie Whalers.
― Les visites de la baie Whalers doivent être conduites conformément au Guide pour les visites de sites de la baie Whalers (Annexe 8).

3.2. Anse Pendulum (62° 56' de latitude sud,
60° 36' de longitude ouest)

L'anse Pendulum (voir carte 1) est une petite anse sur le versant nord-est de Port Foster. Elle a été nommée par Henry Foster du navire de la marine royale britannique HMS Chanticleer qui, en 1828, y a réalisé des observations magnétiques à l'aide de pendules. La plage de cendre et de scories en pente douce mène aux vestiges de la station abandonnée Presidente Pedro Aguirre Cerda (Chili), le site et monument historique n° 76, qui a été détruit par une éruption volcanique en 1967. Les sources thermales le long du littoral étroit de l'anse Pendulum offrent aux visiteurs la possibilité de se baigner dans de l'eau chaude.
Les visites de l'anse Pendulum doivent être entreprises conformément au Guide pour les visites de sites de l'anse Pendulum (Annexe 10).

3.3. Baily Head (62° 58' de latitude sud,
60° 30' de longitude ouest)

Baily Head (voir carte 2) est un promontoire rocheux exposé au niveau du détroit de Bransfield sur la côte sud-est de l'île de la Déception. Il a été baptisé en mémoire de Francis Baily, l'astronome anglais qui a établi des rapports sur les observations magnétiques de Foster à l'anse Pendulum. Le site comprend l'extrémité méridionale d'une longue plage linéaire qui longe la plus grande partie du flanc oriental de l'île de la Déception et une vallée étroite qui s'élève brusquement vers l'intérieur des terres jusqu'à une ligne de crête semi-circulaire, donnant l'impression d'un « amphithéâtre » naturel. Il est limité au nord par un gros glacier et au sud par les falaises de Baily Head. Un cours d'eau de fonte substantiel s'écoule à travers le centre de la vallée au cours de l'été austral.
Dans cette vallée sans nom et au sud se trouve l'une des plus grandes colonies de manchots à jugulaire (Pygoscelis antarctica) de l'Antarctique ― bien que des études récentes indiquent là une réduction considérable de la population. Les grands labbes (Catharacta antarctica lonnbergi), les damiers du Cap (Daption capensis) et les chionis blancs (Chionis alba) nichent également sur Baily Head. Les otaries à fourrure de l'Antarctique (Arctocephalus gazella) s'échouent en grand nombre le long de la plage au cours de l'été austral.
Les visites de Baily Head doivent être entreprises conformément au Guide pour les visites de sites de Baily Head (Annexe 9).

3.4. Baie Telefon (est) (62° 56' de latitude sud,
60° 40' de longitude ouest)

La baie Telefon (voir carte 3) a été baptisée à la mémoire du navire baleinier Telefon, qui a été amarré dans la baie pour des réparations en 1909 par Adolfus Amandus Andresen, fondateur de la société Sociedad Ballenera de Magallanes. A l'extrémité est de la baie Telefon, une plage en pente douce mène à une vallée peu profonde qui s'élève brusquement jusqu'à la couronne d'un cratère volcanique sans nom.
Les visites de la baie Telefon doivent être entreprises conformément au Guide pour les visites de sites de la baie Telefon (Annexe 7).

3.5. Station Decepción (Argentine)
et station Gabriel de Castilla (Espagne)

Les visites de la station Decepción (Argentine) et de la station Gabriel de Castilla (Espagne) ne peuvent être entreprises qu'avec l'accord préalable du responsable de la station concernée. Les visites des stations doivent être entreprises conformément au Code de conduite pour la zone des installations de l'île de la Déception (Annexe 4).

Annexe 6 : Alerte volcanique et évacuation
Plan d'alerte et stratégie d'évacuation
pour les éruptions volcaniques sur l'île de la Déception
Le volcanisme de l'île de la Déception

Dans la zone qui englobe les îles Shetland du Sud, la péninsule Antarctique et la mer de Bransfield, seule l'île de la Déception a connu des éruptions récentes (en 1842, 1967, 1969 et 1970, avec d'autres événements non confirmés en 1912 et 1917).
Entre 1967 et 1970, l'activité volcanique intense sur l'île de la Déception a entraîné la destruction des stations scientifiques du Chili à l'anse Pendulum et du Royaume-Uni dans la baie Whalers. L'activité volcanique intense a changé la morphologie de l'île ; une petite île a été créée à Port Foster qui, avec le temps, a rejoint le reste de l'île de la Déception dans la zone de la baie Telefon. La grande quantité de cendres, roches et débris volcaniques expulsés a recouvert une partie des îles environnantes, ce que l'on peut encore observer au glacier Johnson sur l'île Livingston.
Une conséquence immédiate de l'activité volcanique en 1967-1970 a été la fin temporaire des activités scientifiques sur l'île, avec seulement un nombre limité d'études d'observation du déroulement de la période après les éruptions.
Aujourd'hui, le seul indice d'activité volcanique de surface sur l'île de la Déception est la présence de zones où il y a une activité sismique considérable, du fait de l'expansion tectonique du rift de Bransfield et de l'activité volcanique locale qui génère, lorsqu'on mesure au cours de la saison estivale sur le terrain une moyenne de 1 000 tremblements de terre de surface de faible énergie (magnitudes inférieures à 2 sur l'échelle de Richter).
Des tremblements de terre tectoniques-volcaniques de magnitude supérieure, de 3 à 4 sur l'échelle de Richter, ont été enregistrés au cours de deux périodes sismiques-volcaniques particulièrement actives (1991-92 et 1998-99). Au cours de ces périodes, des groupes scientifiques sur la station Gabriel de Castilla ont senti, enregistré et décrit des événements sismiques.
Entre le 31 décembre 1991 et le 25 janvier 1992, l'île a connu une augmentation importante de l'activité sismique avec jusqu'à 900 tremblements de terre enregistrés, dont quatre ont été directement ressentis par le personnel sur l'île. Ces activités ont été interprétées comme un processus de réactivation, probablement dû à une petite intrusion située dans la baie des Fumerolles.
Après les périodes d'activité volcanique accrue en 1994-95 et 1995-96, le 3 janvier 1999, une nouvelle période importante d'activité sismique-volcanique a démarré, avec deux tremblements de terre d'une magnitude de 2,9 (le 11 janvier) et de 3,4 (le 20 janvier). Ces activités sismiques-volcaniques se trouvaient entre la baie des Fumerolles et la baie Whalers. Elles incluaient des tremblements de terre volcano-tectoniques qui ont libéré une quantité considérable d'énergie, dont l'intensité n'avait jamais été enregistrée auparavant.
Après cette période d'activité sismique plus intense, les études géophysiques et géodésiques multidisciplinaires ont augmenté dans l'île. Les activités incluaient : nouvelle étude du réseau géodésique, établissement d'un nouvel affichage de sismographe, prélèvement de gaz dans les fumerolles et tenue à jour des enregistrements de données géomagnétiques, gravimétriques et bathymétriques. Une étude géophysique importante a été menée, produisant un modèle tomographique de la vitesse et de l'atténuation en propagation d'ondes, notamment un modèle pour expliquer la relation entre l'activité sismique enregistrée et la dynamique du volcan.
A présent, l'activité volcanique sur l'île de la Déception pourrait être considérée comme typique d'un modèle de volcan andésitique (basaltique), avec un mécanisme d'éruption effusive de type Surtsey, avec un volume magmatique et une activité faibles, principalement concentré dans la baie des Fumerolles, la baie Telefon, l'anse Pendulum et la baie Whalers.
L'activité volcanique de surface actuelle sur l'île de la Déception est liée à d'importantes zones d'anomalies géothermiques où a été relevé un grand nombre de zones dans lesquelles l'énergie des activités sismiques-volcaniques de surface est significativement faible (magnitude de moins de 2).
Système d'alerte
Chaque année, pendant environ quatre mois au cours de l'été austral, les scientifiques espagnols et argentins enregistrent continuellement l'activité volcanique sur l'île (généralement de fin novembre à début mars). Ces périodes coïncident également avec la présence humaine maximale sur l'île.
Les instruments de mesure déployés sur l'île de la Déception incluent un réseau local de sismographes et un ensemble sismologique, des sismographes télémétriques, des stations thermométriques et un réseau géodésique entretenu et enregistré par la station Gabriel de Castilla. Les données géochimiques sont recueillies et les équipements sont entretenus par la station Decepción.
Les capitaines de navires qui entrent à Port Foster et les pilotes d'aéronefs ou d'hélicoptères qui survolent l'île doivent consulter de près les diffusions de bulletins sur les activités volcaniques depuis les stations Gabriel de Castilla (Espagne) et Decepción (Argentine) sur le canal 16 de la bande marine VHF.
Pour communiquer ces informations, il est considéré pratique d'utiliser un système de feu tricolore qui décrit de façon simple et accessible le risque volcanique présent du volcan de l'île de la Déception (Tableau 1).

Tableau 1
Systèmes d'alerte pour les éruptions volcaniques sur l'île de la Déception conseillés par l'IAVCEI
(Association internationale de volcanologie et de chimie de l'intérieur de la Terre)

|CODE COULEUR| ÉTAT D'ALERTE | DESCRIPTION | MODES OPÉRATOIRES | |------------|------------------------------------------------------------------------------------------------|-------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------|-----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------| | VERT | Aucune éruption prévue | Paramètres volcaniques enregistrés normaux. Ceci est l'état normal de l'île | Contrôle | | JAUNE |Quelques anomalies dans le système volcanique. Une crise volcanique pourrait survenir à l'avenir| Il y a des anomalies de faible ampleur mais néanmoins notables dans les paramètres volcaniques enregistrés | Contrôle. Augmenter les enregistrements des paramètres volcaniques. Vérifier les paramètres | | ORANGE | Probabilité accrue d'éruption volcanique |Augmentation considérable des anomalies dans les paramètres volcaniques enregistrés. Apparition de nouveaux changements dans les paramètres volcaniques|Augmenter le niveau de préparation pour intervenir. Commencer à préparer le plan d'évacuation. Recommander de restreindre l'accès à l'île. Recommander l'évacuation temporaire de l'île, y compris pour les navires et hélicoptères| | ROUGE | Probabilité élevée d'éruption volcanique imminente | Probabilité élevée d'éruption volcanique confirmée avec un changement considérable du nombre d'anomalies des paramètres volcaniques | Le personnel sur l'île doit se rendre aux campements d'urgence ou évacuer toute l'île selon l'emplacement de l'éruption. Interdire aux navires et hélicoptères d'accéder à l'île |

Remarque : l'enregistrement et l'évaluation des risques volcaniques doivent être continus, au moins pendant la période d'activité des bases. Les volcanologues doivent mettre à jour l'état du système de code couleur, selon la variabilité des paramètres volcaniques enregistrés.

Stratégie d'évacuation en cas d'éruption volcanique
sur l'île de la Déception

La stratégie d'évacuation actuelle repose sur le présupposé que les futures éruptions seront similaires à celles qui ont eu lieu de 1967 à 1970 et que l'activité volcanique aura un impact géographique limité sur l'île.
Un effondrement soudain de toute la caldeira pourrait générer un événement bien plus grave avec des effets mortels pour tout le personnel sur l'île. Dans un tel cas de figure une évacuation serait très probablement impossible. La probabilité d'un tel événement est certainement faible et serait certainement précédée de nombreux signes avant-coureurs comme une augmentation de l'altitude en surface ainsi que de la fréquence et de l'intensité des tremblements pendant plusieurs jours, voire des semaines, avant l'événement. Néanmoins, un événement pourrait survenir soudainement, sans aucun signe d'avertissement.
Si un état d'alerte orange est déclaré, tous les navires doivent immédiatement quitter Port Foster après avoir embarqué tout l'équipage et les passagers qui sont à terre.
Les capitaines des navires doivent être extrêmement prudents lors de la traversée des soufflets de Neptune en tenant compte de la possibilité de courants forts, du rocher Ravn au milieu du détroit étroit et de tout matériau susceptible d'être tombé des falaises abruptes de chaque côté du canal.
Si une éruption est considérée comme probable, certaines mesures de précaution doivent être prises.
En premier lieu, les navires doivent être informés qu'il ne faut pas accéder à Port Foster, afin de réduire les éventuels problèmes d'évacuation. Ces mesures seraient temporaires.
Malgré sa petite taille, l'île pourrait être suffisamment grande pour comporter des zones où de petits groupes pourraient être relativement à l'abri en cas d'événement volcanique. Compte tenu des éruptions récentes sur l'île de la Déception, des lieux à des distances de 7 à 10 kilomètres du centre de l'activité volcanique pourraient être relativement sûrs.
Il faut noter que l'évacuation de tout le personnel des stations de recherche existantes pourrait être plus difficile et avoir des conséquences pires que de déplacer le personnel vers des camps d'urgence préalablement sélectionnés en cas d'événement volcanique. L'utilisation opportune de lieux de campement d'urgence précédemment évalués pourrait réduire les risques liés à une évacuation rapide et complète du personnel de l'île en cas d'événement volcanique.
En conséquence, il est important d'avoir préalablement désigné des lieux pour servir de campements d'urgence, en tenant compte des différents lieux possibles d'éruptions volcaniques et d'autres processus. En règle générale, les différentes options doivent donc être étudiées avant d'entamer une évacuation.
Voies d'évacuation
En cas d'événement volcanique, toutes les zones côtières intérieures peuvent être considérées comme dangereuses, du fait de la chute de dépôts pyroclastiques, de rochers et d'autres matières et de la possibilité de vagues hautes, rapides et irrégulières produites par les seiches à Port Foster, qui pourraient menacer les navires qui naviguent ou jettent l'ancre dans le lagon de l'île.
Avant une évacuation, il faut comprendre que les voies d'évacuation peuvent être situées sur des terrains difficiles et que la descente sur les plages du littoral extérieur de l'île peut être raide et difficile à suivre.
Par ailleurs, en raison des difficultés substantielles à traverser des glaciers (surfaces brisées et glissantes, lahars soudains possibles), il est conseillé d'éviter ces zones, à moins de disposer de guides spécialisés et d'équipements adéquats. Il est toutefois vrai que de tels guides et équipements ne sont pas toujours disponibles dans des situations d'urgence.
L'évacuation par hélicoptères peut être la meilleure solution, en tenant compte du fait que les plages extérieures sont raides et étroites, avec de gros massifs rocheux et qu'elles sont adjacentes à des eaux profondes où se forment souvent des vagues importantes, même dans de bonnes conditions météorologiques. Certaines plages (par exemple, près de Punta de la Descubierta) comptent des rochers submergés qui peuvent être dangereux pour les petites embarcations.
Si le temps est au beau fixe, il pourrait être possible d'essayer d'évacuer par hélicoptère depuis certains endroits autour de Port Foster, bien que des hélicoptères intervenant dans une évacuation doivent éviter de voler à travers des nuages volcaniques, car la chute de dépôts pyroclastiques et de cendres peut endommager leurs moteurs.
Ces facteurs augmentent le danger d'une évacuation à partir des plages de Port Foster et il convient de considérer qu'une évacuation ne sera possible qu'à partir des plages extérieures ou depuis certaines zones spécifiques qui pourraient permettre l'utilisation d'hélicoptères.
Pour évaluer les difficultés qui pourraient être rencontrées lors de l'évacuation du personnel, la plupart des voies d'évacuation ont été préalablement testées par du personnel expérimenté. Ces études ont permis de conclure que seules trois des plages extérieures de l'île sont praticables en cas de mauvais temps : le versant nord de Kendall Terrace, la pointe Macaroni et Baily Head. Toutes les autres plages identifiées étaient rocheuses et avec un accès praticable par hélicoptère uniquement. La voie vers Punta de la Descubierta pourrait être utilisée, mais seulement lorsque la marée est très basse.
D'après ces études, les principales voies d'évacuation disponibles sont les suivantes :
― Depuis la zone des installations (stations Gabriel de Castilla, Decepción) vers la pointe Descubierta (1)
― Depuis la zone des installations vers la pointe Entrance (la voie proposée comporte une évacuation depuis la plage) (2)
― Depuis la zone des installations vers la pointe Entrance (évacuation par hélicoptère) (2)
― Depuis la baie Whalers vers Baily Head (3)
― Depuis la zone des installations vers Kendall Terrace (par le passage à 168 m d'altitude au-dessus de la baie Telefon) (4)
― Depuis la zone des installations vers Kendall Terrace (par le passage à 158 m d'altitude près des Obsidiennes) (5)
― Depuis la zone des installations vers la plage du lac Escondido jusqu'à Kendall Terrace (6)
Le Tableau 2 comprend des détails sur les voies d'évacuation, notamment la distance, le dénivelé et une estimation de la durée du trajet.

Tableau 2
Voies d'évacuation

| VOIE D'ÉVACUATION |DISTANCES TOTALES| ALTITUDE MAXIMALE (9) | DURÉE ESTIMÉE | |-------------------------------------------------------------------------------------------------|-----------------|--------------------------------|-------------------| | Zone des installations jusqu'à Punta de la Descubierta (figure 2) | 3 920 m | 130 m à Espolon |1 heure 11 minutes | | Zone des installations jusqu'à la pointe Entrance (zone d'évacuation par la plage) | 6 800 m | 180 m à Espolon |2 heures 9 minutes | | Zone des installations jusqu'à la pointe Entrance (zone d'évacuation par hélicoptère) | 7 237 m | 172 m | 2 heures | | Baie Whalers jusqu'à Baily Head | 3 954 m |295 m dans le passage de Collado|1 heure 37 minutes | |Zone des installations jusqu'à Kendall Terrace (par le passage de Collado 168 de la baie Telefon)| 9 400 m |168 m dans le passage de Collado|2 heures 31 minutes| | Zone des installations jusqu'à Kendall Terrace (par Collado 158 dans les obsidiennes) | 6 400 m |169 m dans le passage de Collado|1 heure 46 minutes | | Lago Escondido jusqu'à Kendall Terrace | 5 980 m |180 m dans le passage de Vaguada|1 heure 30 minutes |

(9) Les altitudes données renvoient au point le plus élevé de la voie.

Carte 1. ― Routes d'évacuation proposées sur l'île de la Decepción en cas de crise volcanique correspondant à un état d'alerte de niveau orange au maximum.

Vous pouvez consulter le tableau dans le
JOn° 19 du 23/01/2013 texte numéro 5

Annexe 7 : Lignes directrices pour les visites de sites : Baie Telefon
Les lignes directrices en vigueur sont sur le site :
http://www.ats.aq/siteguidelines/documents/Telefon_bay_f.pdf
Annexe 8 : Lignes directrices pour les visites de sites : Baie Whalers
Les lignes directrices en vigueur sont sur le site :
http://www.ats.aq/siteguidelines/documents/Whalers_bay_f.pdf
Annexe 9 : Lignes directrices pour les visites de sites : Baily Head
Les lignes directrices en vigueur sont sur le site :
http://www.ats.aq/siteguidelines/documents/baily_head_f.pdf
Annexe 10 : Lignes directrices pour les visites de sites : Anse Pendulum
Les lignes directrices ont été soumises à l'approbation du CPE XV/RCTA XXXV pour adoption. Le lien vers les lignes directrices adoptées sera mis à jour dès qu'elles seront disponibles.
Annexe 11 : Mesures pratiques en matière de biosécurité
Lignes directrices visant à réduire le risque d'introduction d'espèces non indigènes sur l'île de la Déception (zone gérée spéciale de l'Antarctique n° 4)

Introduction

L'île de la Déception dans les îles Shetland du Sud (Zone gérée spéciale de l'Antarctique n° 4) est exceptionnellement vulnérable aux conséquences qui résulteraient de l'introduction d'espèces non indigènes. Le niveau élevé d'occupation humaine et de visites signifie que la probabilité d'introduction involontaire d'espèces non indigènes est élevée. Le climat doux par rapport à d'autres zones de l'Antarctique et la présence de sites géothermiques peuvent être plus favorables à l'établissement d'espèces marines et terrestres introduites que dans d'autres lieux de l'Antarctique. L'île de la Déception a déjà été soumise à des introductions d'espèces non indigènes : six espèces d'invertébrés non indigènes ont été signalées sur l'île et une plante introduite a été découverte puis éradiquée.
Reconnaissant :
(i) la valeur des ensembles biologiques uniques et isolés de la zone et
(ii) la vulnérabilité exceptionnelle des écosystèmes terrestres et marins sur l'île de la Déception aux impacts potentiels d'espèces non indigènes en raison du climat doux de l'île, du sol chauffé par la géothermie et du niveau élevé de présence humaine,
les lignes directrices suivantes visent à minimiser l'introduction involontaire d'espèces non indigènes et de matières susceptibles d'introduire de telles espèces (sols et écorce non traitée) sur l'île de la Déception et décrivent les activités de surveillance et d'intervention appropriées.

Mesures de protection
SENSIBILISATION

Les programmes, opérateurs et organisations ayant des activités sur l'île de la Déception devront :

  1. Former le personnel (y compris le personnel des stations, les scientifiques, les personnels techniques, les équipages des navires chargés des débarquements, le personnel des voyagistes et les touristes) sur les risques potentiels posés à l'environnement par l'introduction d'espèces non indigènes.
  2. Rappeler au personnel qu'il est interdit d'introduire des sols non stériles dans la zone du Traité sur l'Antarctique comme le prévoit le Protocole au Traité sur l'Antarctique relatif à la protection de l'environnement. De même, les plantes cultivées et leurs propagules reproductives ne peuvent être importées que pour une utilisation contrôlée et conformément à un permis.
  3. Rappeler au personnel que, conformément au Protocole au Traité sur l'Antarctique relatif à la protection de l'environnement, les déchets alimentaires doivent être incinérés, retirés de la zone du Traité sur l'Antarctique (Annexe III) ou jetés à la mer à au moins 12 milles nautiques de la Terre ou de la plateforme glaciaire la plus proche de l'île (Annexe IV).

PROCÉDURES OPÉRATIONNELLES

Les programmes, opérateurs et organisations ayant des activités sur l'île de la Déception devront en outre :
4. Etudier la mise en œuvre des lignes directrices en matière de biosécurité à l'égard : (a) des navires qui voyagent jusqu'à l'île de la Déception, (b) des entrepôts qui fournissent des aliments et des marchandises à l'île et (c) des vêtements des visiteurs et des effets personnels et équipements scientifiques. De façon plus spécifique :
― Dans la mesure du possible, s'assurer que le personnel pénétrant dans la ZGSA et la quittant porte des souliers propres, par exemple, avec des procédures de nettoyage des bottes (à accomplir de préférence avant le départ pour l'Antarctique ainsi qu'à l'arrivée et au départ de la ZGSA). Une attention similaire doit être accordée aux vêtements et autres effets personnels sur lesquels des graines et d'autres propagules d'espèces non indigènes peuvent être fixées, comme des sacs, des cannes et des trépieds d'appareils photo.
― Réduire, dans la mesure du possible, l'importation de sable non traité, de granulat et de gravier dans la ZGSA.
― Réduire, dans la mesure du possible, l'importation de bois non traité dans la ZGSA.
― Interdire l'importation de bois non traité sur lequel de l'écorce est fixée, car il est susceptible de contenir beaucoup d'espèces non indigènes résilientes comme des micro-invertébrés, des micro-algues, des mousses, des lichens et des micro-organismes.
― Empêcher les animaux sauvages d'accéder aux aliments et aux déchets alimentaires.
― Interdire la culture de plantes pour se nourrir, par exemple grâce à des cultures hydroponiques, dans les bâtiments des stations de l'île de la Déception.
― Recueillir et incinérer ou retirer de la région tout sol ou toute matière biologique dont il est établi qu'ils ne proviennent pas de la ZGSA.
― Prendre un soin particulier pour réduire les risques de transfert de sols et de matières biologiques entre des sites chauffés par la géothermie distincts géographiquement (par exemple, s'assurer que les souliers sont propres).
― Prendre des mesures pour réduire les risques de contaminations biologiques ou de contaminations croisées des plans d'eau douce de l'île.
― Mettre en œuvre des mesures pour empêcher un transfert intrarégional d'espèces non indigènes déjà présentes sur l'île de la Déception vers d'autres parties de l'Antarctique (par exemple, en empêchant le transfert de sols de l'île de la Déception vers d'autres lieux de l'Antarctique).
Les directives ci-dessus s'appuient sur les conseils fournis dans le Manuel sur les espèces non indigènes du CPE, dans lequel les deux documents essentiels sont les Listes de vérifications pour les gestionnaires de la chaîne d'approvisionnement des programmes antarctiques nationaux visant à réduire les risques de transfert d'espèces non indigènes et le Code de conduite environnemental pour les recherches scientifiques terrestres en Antarctique.

ENREGISTREMENT, SURVEILLANCE ET INTERVENTION

Les programmes, opérateurs et organisations ayant des activités sur l'île de la Déception devront en outre :
5. Entreprendre une surveillance des espèces introduites par le biais d'études de la biodiversité terrestre et marine, notamment par la réalisation d'études de référence, autant que possible dans le cadre d'un programme de recherche international.
6. Informer le groupe de gestion de l'île de la Déception et les autres parties, selon que de besoin, de la découverte d'espèces non indigènes dans la ZGSA. Informer le SCAR de la découverte par l'intermédiaire de la base de données sur les espèces non indigènes du SCAR : http://data.aad.gov.au/aadc/biodiversity/index.cfm.
7. Partager les nouvelles informations relatives aux espèces non indigènes sur l'île avec le groupe de gestion de l'île de la Déception et avec les autres parties, selon que de besoin, dans la perspective d'une réaction coordonnée et rapide (par exemple, mesures d'éradication ou de confinement).
8. Entreprendre en priorité la réaction à une introduction d'espèces non indigènes pour empêcher un élargissement de l'aire de répartition desdites espèces et pour que l'éradication soit plus simple, réalisée au meilleur coût pour en maximiser les chances de réussite (10).
9. Evaluer régulièrement l'efficacité des programmes de contrôle ou d'éradication, notamment des études de suivi.

(10) Voir à ce sujet les directives pour les visiteurs et les responsables de la gestion environnementale en cas de découverte d'espèces soupçonnées d'être non indigènes dans l'environnement terrestre et d'eaux douces de l'Antarctique mentionné dans le manuel du CPE sur les espèces non indigènes.

COOPÉRATION ET PROTECTION FUTURE

Les programmes, opérateurs et organisations ayant des activités sur l'île de la Déception devront en outre :
10. Tenir compte de la vulnérabilité exceptionnelle de l'île de la Déception aux introductions d'espèces non indigènes dans toutes les évaluations d'impact sur l'environnement entreprises pour des activités se déroulant dans la ZGSA.
11. Envisager la mise en œuvre conjointe de ces lignes directrices par le groupe de gestion de l'île de la Déception et les autres parties concernées, selon que de besoin.
12. S'engager à améliorer et à réviser continuellement ces lignes directrices.