De retour à la Cour, il siège à la deuxième chambre qu'il fait bénéficier de son expérience dans une étude sur les associations subventionnées,
distinguant celles qui correspondent à une réelle volonté des associés qui mérite d'être encouragée et soutenue, de ces démembrements de l'Etat, moyens commodes d'une gestion souvent laxiste qu'il appartient à la juridiction de dénoncer.
Nommé conseiller maître en avril 1973, M. Raison siège à la cinquième chambre où il suit plus particulièrement le secteur de la santé, ce qui lui vaudra notamment de devenir vice-président de la commission des marchés de l'Assistance publique de Paris. Vice-président du Conseil supérieur de la création esthétique industrielle, administrateur de la bibliothèque publique d'information à Beaubourg, membre du conseil des impôts en 1975, puis membre du conseil d'administration de la S.N.C.F., il devient en janvier 1978 rapporteur général du comité du rapport public et des programmes. Pendant cinq ans, il sera ainsi la cheville ouvrière de cet organisme, supportant la bousculade des séances du comité au mois de février et de mars, veillant à l'envoi en temps utile des projets, cherchant à obtenir les réponses des administrations qui ne parviennent trop souvent qu'au dernier moment,
redoutant enfin que le rapport ne soit pas prêt pour le jour de la remise au Président de la République.
En février 1983, M. Raison est nommé président de chambre. Il préside alors la septième chambre avec une efficacité qui tient pour beaucoup non seulement à sa compétence, à sa connaissance profonde de la Cour et de l'ensemble de ses activités, mais aussi à sa capacité d'obtenir de chacun de ses magistrats le maximum, grâce à sa volonté d'explication et de formation.
Lorsqu'en application des dispositions sur la limite d'âge, il quitte la présidence pour retrouver les fonctions de conseiller maître, il fera profiter le juge des comptes de sa vaste expérience. Vous lui avez demandé,
monsieur le premier président, d'animer un groupe de réflexion et le rapport de synthèse qu'il a élaboré sur l'avenir de la Cour constitue une mine pour les évolutions à court ou moyen terme. La diplomatie du président Raison fera également beaucoup dans la mise en place du comité chargé d'examiner les propositions émanant des chambres régionales en vue du rapport public. Il saura en effet non seulement sélectionner les projets qui, dignes du rapport public, font honneur à la qualité des travaux des chambres, mais aussi expliquer à ces dernières pourquoi telle proposition, fondée en droit, ne peut être retenue. Il leur indiquera aussi comment se prépare une insertion. L'énumération des missions confiées au président Raison - et j'en ai omis bon nombre - tant à l'extérieur qu'à l'intérieur de la maison suffit à montrer la place qu'il a tenue parmi nous et le vide qu'il laisse.
Mais nous sommes assurés que les occupations ne lui manqueront pas pour meubler sa retraite. Aux nombreuses associations dont il est président ou administrateur, il continuera d'apporter sa compétence et son dévouement. Il pourra également plus facilement satisfaire son goût du voyage aussi bien en France que vers de plus lointaines contrées, comme l'Indonésie, pour y retrouver certains de ses enfants et petits-enfants. Peut-être aura-t-il le loisir de découvrir enfin ce porc-épic de quatre à cinq centimètres qui fait seul défaut à son fabuleux cirque miniature, probablement unique au monde,
dont la collection de plus d'un millier de pièces fut commencée au cours de son enfance et eut les honneurs tant du musée des arts décoratifs que du festival d'Avignon.
Au moment où s'éloigne ce magistrat éminent qui sut si bien mêler fraîcheur d'esprit et sagesse, qu'il sache que nous conservons la leçon qu'il nous a laissée prouvant que le dévouement au service public peut aller de pair avec le sens de la communication et la volonté de progrès. Qu'il sache également que les magistrats de cette Cour, à laquelle il a beaucoup donné, lui rendent bien l'amitié fidèle et désintéressée qu'il a généreusement manifestée à tant d'entre eux dont je m'honore de faire partie.
Que son épouse enfin soit remerciée pour le concours discret qu'elle lui a apporté en lui permettant de se consacrer autant au service de l'Etat.
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