Louis-Olivier Frotier de la Coste-Messelière
En juillet dernier, M. le conseiller maître Louis-Olivier Frotier de la Coste-Messelière était admis, sur sa demande, à bénéficier par anticipation de ses droits à la retraite.
Né à Paris en 1927, il mène de brillantes études de lettres et de droit complétées par le diplôme de l'Institut d'études politiques de Paris. Entré à l'Ecole nationale d'administration en 1953, il est affecté à sa sortie, en qualité d'administrateur civil, au secrétariat d'Etat aux affaires économiques puis à la direction du Trésor. En 1967, il est nommé conseiller référendaire au tour extérieur. Il accédera à la maîtrise en 1986.
Louis-Olivier de la Coste-Messelière est apparenté aux Jard-Panvillier,
famille qui donna à la Cour des comptes des magistrats pendant quatre générations au XIX e siècle. Il descend de Louis-Alexandre Jard-Panvillier qui, avant d'être nommé président de chambre en 1807 lors de la création de la Cour, avait participé à la vie politique sous la Révolution. Elu député des Deux-Sèvres à l'Assemblée législative en 1791 puis à la Convention en 1792, ce médecin avait fait preuve de courage, non seulement en votant le 16 janvier 1793 contre la mort de Louis XVI , mais en allant chercher à Montmartre un autre député des Deux-Sèvres, Duchastel, qui était malade pour lui permettre de participer au vote avant la clôture du scrutin. Après un débat de procédure houleux, Duchastel, en robe de chambre, put exprimer son vote. On sait, en cette période de commémoration de la Révolution, que la mort du roi fut votée par 361 voix sur 721, soit exactement la majorité absolue.
Louis-Alexandre Jard-Panvillier fut ensuite membre du Conseil des Cinq-Cents puis du Tribunat, et c'est à la suppression de cette institution qu'il fut nommé à la Cour des comptes. Son fils, marié à Appoline de la Coste-Messeliere, sera conseiller référendaire puis conseiller maître. Un mariage ultérieur ayant uni une demoiselle Jard-Panvillier et un la Coste-Messeliere, notre collègue est le descendant direct de ces magistrats qui honoraient la Cour au siècle dernier et dont il portait le rabat de dentelles.
Fils d'un archéologue réputé qui était membre de l'Académie des inscriptions et belles-lettres, frère d'un conservateur des archives nationales qui avait organisé l'exposition de 1957 sur la Cour à l'hôtel de Rohan, Louis-Olivier de la Coste-Messeliere était et est toujours très attaché au département des Deux-Sèvres dont son ancêtre le conventionnel avait été le représentant.
Combiné à un intérêt personnel jamais démenti pour les caisses d'épargne, cet attachement a fort naturellement conduit notre collègue à la présidence de la caisse d'épargne de Niort. Il préside aussi la société régionale de financement de Poitou-Charentes.
A la Cour, Louis-Olivier de la Coste-Messeliere s'était spécialisé dans les comptabilités du secteur de l'éducation nationale. D'un naturel souriant,
doué d'un jugement sûr quoiqu'empreint d'un certain scepticisme, ce magistrat entretenait d'excellentes relations avec ses collègues. Sa culture, son esprit de finesse et son aisance de rédaction étaient très appréciés par sa chambre. Cela nous fait regretter davantage encore que ses activités extérieures ne lui aient pas permis d'apporter à la Cour toute la collaboration que celle-ci aurait pu légitimement attendre de ses qualités intellectuelles.
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