JORF n°128 du 4 juin 1994

Edmond RAOUX

Lorsqu'il entre à la Cour, où il est nommé conseiller maître en décembre 1978, M. Edmond Raoux a déjà derrière lui une riche expérience administrative.
Né le 16 mai 1925 à Sarrebruck, où son père est alors directeur du personnel des mines domaniales françaises de la Sarre, il entreprend, après de brillantes études secondaires au lycée Pasteur de Neuilly puis à Janson-de-Sailly, des études de droit, successivement à la faculté de droit de Montpellier puis celle de Paris. Lauréat du concours général des facultés de droit, diplômé d'études supérieures d'économie politique, il entre à l'E.N.A. en juin 1946 au sein de la promotion Union française, qui donnera notamment à la Cour les présidents Maurice Bernard et Paul Therre ainsi que Henri Lavigne, à la mémoire desquels M. Edmond Raoux est très attaché.
Il en sort en décembre 1948 comme administrateur adjoint à la direction du budget au ministère de l'économie et des finances. Il restera fidèle à ce ministère pendant trente ans y exerçant successivement les fonctions de chef de bureau puis de sous-directeur à la tête de l'importante sous-direction des personnels civils et militaires, où il est nommé en janvier 1964. En mai 1971, il devient contrôleur financier, d'abord au ministère de l'éducation nationale auquel s'ajoute, en 1974, celui des universités.
Dès son arrivée à la Cour en 1978, M. Raoux met cette large expérience administrative au service des missions les plus diverses que lui confient les présidents successifs de la Troisième chambre. D'abord chargé de l'apurement de nombreuses collectivités locales et d'offices d'H.L.M. de la région parisienne, il prend très vite la charge de contrôles importants et délicats aussi bien dans le domaine des collectivités locales, avec la ville de Paris, que dans celui des banques, avec entre autres Paribas et le Crédit du nord.
Ses travaux débouchent sur d'importantes insertions au rapport public,
notamment en 1985 sur les investissements des collectivités locales et les sociétés d'économie mixte.
Son expérience lui vaut en outre de présider le groupe de travail constitué en 1983 entre la Cour et la direction de la comptabilité publique pour élaborer la nomenclature des pièces justificatives des comptabilités locales. En 1988, lorsque le président Charrier est appelé à la tête de la première chambre, M. Raoux lui succède comme chef de l'équipe chargée du contrôle de la Caisse des dépôts et consignations et de ses principaux satellites d'alors, en particulier le Crédit local de France. Il contribue à ce titre à désamorcer les réticences initiales de la caisse devant les investigations de la Cour et ouvre la voie à d'importantes observations. Il assure enfin au sein de la chambre la responsabilité de l'équipe des assistants de vérification.
Pourtant, l'activité de M. Raoux ne se limite pas à la Cour des comptes. Il est, dès 1979, enquêteur au Comité d'enquête sur le coût et le rendement des services publics. Rapporteur devant la Cour de discipline budgétaire et financière à partir de 1984, il est aussi, à partir de 1979, membre titulaire du Conseil national de l'enseignement supérieur et de la recherche et siège, entre 1979 et 1981, au conseil d'administration de la Société générale en qualité de représentant du ministre de l'économie.
Cette carrière entièrement consacrée aux finances de l'Etat a valu à M.
Raoux le grade de commandeur de l'ordre national du Mérite et ceux d'officier dans l'ordre national de la Légion d'honneur et dans l'ordre des Palmes académiques.
Ses collègues gardent le souvenir d'une extrême rigueur intellectuelle,
d'une infatigable ouverture d'esprit qui lui a permis d'aborder tour à tour les contrôles traditionnels et les dossiers les plus nouveaux et d'une parfaite urbanité.
Ce fin connaisseur de l'histoire financière de notre pays se partage désormais entre sa famille et l'université, où il renoue avec bonheur avec l'histoire de la philosophie et celle des institutions françaises.


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Version 1

Edmond RAOUX

Lorsqu'il entre à la Cour, où il est nommé conseiller maître en décembre 1978, M. Edmond Raoux a déjà derrière lui une riche expérience administrative.

Né le 16 mai 1925 à Sarrebruck, où son père est alors directeur du personnel des mines domaniales françaises de la Sarre, il entreprend, après de brillantes études secondaires au lycée Pasteur de Neuilly puis à Janson-de-Sailly, des études de droit, successivement à la faculté de droit de Montpellier puis celle de Paris. Lauréat du concours général des facultés de droit, diplômé d'études supérieures d'économie politique, il entre à l'E.N.A. en juin 1946 au sein de la promotion Union française, qui donnera notamment à la Cour les présidents Maurice Bernard et Paul Therre ainsi que Henri Lavigne, à la mémoire desquels M. Edmond Raoux est très attaché.

Il en sort en décembre 1948 comme administrateur adjoint à la direction du budget au ministère de l'économie et des finances. Il restera fidèle à ce ministère pendant trente ans y exerçant successivement les fonctions de chef de bureau puis de sous-directeur à la tête de l'importante sous-direction des personnels civils et militaires, où il est nommé en janvier 1964. En mai 1971, il devient contrôleur financier, d'abord au ministère de l'éducation nationale auquel s'ajoute, en 1974, celui des universités.

Dès son arrivée à la Cour en 1978, M. Raoux met cette large expérience administrative au service des missions les plus diverses que lui confient les présidents successifs de la Troisième chambre. D'abord chargé de l'apurement de nombreuses collectivités locales et d'offices d'H.L.M. de la région parisienne, il prend très vite la charge de contrôles importants et délicats aussi bien dans le domaine des collectivités locales, avec la ville de Paris, que dans celui des banques, avec entre autres Paribas et le Crédit du nord.

Ses travaux débouchent sur d'importantes insertions au rapport public,

notamment en 1985 sur les investissements des collectivités locales et les sociétés d'économie mixte.

Son expérience lui vaut en outre de présider le groupe de travail constitué en 1983 entre la Cour et la direction de la comptabilité publique pour élaborer la nomenclature des pièces justificatives des comptabilités locales. En 1988, lorsque le président Charrier est appelé à la tête de la première chambre, M. Raoux lui succède comme chef de l'équipe chargée du contrôle de la Caisse des dépôts et consignations et de ses principaux satellites d'alors, en particulier le Crédit local de France. Il contribue à ce titre à désamorcer les réticences initiales de la caisse devant les investigations de la Cour et ouvre la voie à d'importantes observations. Il assure enfin au sein de la chambre la responsabilité de l'équipe des assistants de vérification.

Pourtant, l'activité de M. Raoux ne se limite pas à la Cour des comptes. Il est, dès 1979, enquêteur au Comité d'enquête sur le coût et le rendement des services publics. Rapporteur devant la Cour de discipline budgétaire et financière à partir de 1984, il est aussi, à partir de 1979, membre titulaire du Conseil national de l'enseignement supérieur et de la recherche et siège, entre 1979 et 1981, au conseil d'administration de la Société générale en qualité de représentant du ministre de l'économie.

Cette carrière entièrement consacrée aux finances de l'Etat a valu à M.

Raoux le grade de commandeur de l'ordre national du Mérite et ceux d'officier dans l'ordre national de la Légion d'honneur et dans l'ordre des Palmes académiques.

Ses collègues gardent le souvenir d'une extrême rigueur intellectuelle,

d'une infatigable ouverture d'esprit qui lui a permis d'aborder tour à tour les contrôles traditionnels et les dossiers les plus nouveaux et d'une parfaite urbanité.

Ce fin connaisseur de l'histoire financière de notre pays se partage désormais entre sa famille et l'université, où il renoue avec bonheur avec l'histoire de la philosophie et celle des institutions françaises.