JORF n°128 du 4 juin 1994

Pierre CORTESSE

Si Pierre Cortesse, atteint par l'âge de la retraite, s'est éloigné de notre compagnie depuis quelques mois, il n'en reste pas moins très actif en qualité de vice-président du Conseil de la concurrence.
Né le 20 novembre 1927 à Vireux-Molhain (Ardennes), il fréquente successivement le lycée de Reims, puis le lycée Louis-le-Grand avant d'entreprendre des études supérieures variées couronnées successivement par une licence ès-lettres, un diplôme d'études supérieures de philosophie et celui de l'Institut d'études politiques de Paris. Entré à l'E.N.A. en 1951,
il côtoie au sein de la promotion Paul Cambon plusieurs de ses futurs collègues de la Cour, notamment le président Ducher.
A sa sortie de l'école, il choisit d'entrer à la direction du budget du ministère des finances, où il effectuera, de 1953 à 1971, une brillante carrière qui le mènera jusqu'au poste de chef de service. Entre-temps il sera, en 1966, directeur adjoint du cabinet de Michel Debré, ministre des finances et, l'année suivante, directeur du cabinet de Robert Boulin,
secrétaire d'Etat à l'économie et aux finances - à un moment où son futur collègue à la Cour, Jean Driol, y sert également - puis directeur du cabinet du ministre de la fonction publique.
Nommé en 1971 chef de mission du contrôle économique et financier, il renoue brièvement en 1974 avec le cabinet du secrétariat d'Etat au budget, en qualité de chargé de mission. En 1974, il est nommé directeur de la prévision au ministère de l'économie et des finances. Il connaît à ce poste une longévité exceptionnelle puisqu'il y reste jusqu'en 1982, année de sa nomination en qualité de conseiller maître à la Cour des comptes.
Sa très riche expérience personnelle fait d'emblée de lui un magistrat très apprécié tant à la sixième chambre, où il siège de 1982 à 1990, qu'à la troisième chambre, où il est affecté en décembre 1990. Il est successivement contre-rapporteur de plusieurs entreprises publiques de premier plan, en particulier dans le secteur de la chimie, puis dans le secteur bancaire, où il contribue notamment à fixer les positions de la Cour dans l'affaire des crédits d'impôts fictifs. Ses travaux concernent également la Banque de France. Parallèlement, Pierre Cortesse est administrateur des Assurances générales de France et de la banque Chaix et la confiance de ses collègues lui vaut d'être élu comme représentant de la Cour au conseil de surveillance de la Caisse des dépôts et consignations.
Ce travailleur infatigable préside en outre le jury d'entrée au concours de l'E.N.A. et le conseil d'administration de la Caisse autonome nationale de sécurité sociale des mines.
En 1987, il est nommé membre du Conseil de la concurrence dont il devient vice-président en octobre 1993. Par ailleurs, il est vice-président de la commission des comptes du tourisme depuis 1988.
Officier dans l'ordre national du Mérite, Pierre Cortesse est chevalier de la Légion d'honneur, chevalier du Mérite agricole et des Palmes académiques. Rigueur du raisonnement, et en particulier du raisonnement économique, souci permanent de jeter un pont entre les constatations de la Cour et les concepts de l'économie politique ou financière et surtout priorité absolue donnée à l'élégance intellectuelle et morale sont la marque distinctive de cet éminent magistrat, qui garde dans nos rangs de très solides amitiés.


Historique des versions

Version 1

Pierre CORTESSE

Si Pierre Cortesse, atteint par l'âge de la retraite, s'est éloigné de notre compagnie depuis quelques mois, il n'en reste pas moins très actif en qualité de vice-président du Conseil de la concurrence.

Né le 20 novembre 1927 à Vireux-Molhain (Ardennes), il fréquente successivement le lycée de Reims, puis le lycée Louis-le-Grand avant d'entreprendre des études supérieures variées couronnées successivement par une licence ès-lettres, un diplôme d'études supérieures de philosophie et celui de l'Institut d'études politiques de Paris. Entré à l'E.N.A. en 1951,

il côtoie au sein de la promotion Paul Cambon plusieurs de ses futurs collègues de la Cour, notamment le président Ducher.

A sa sortie de l'école, il choisit d'entrer à la direction du budget du ministère des finances, où il effectuera, de 1953 à 1971, une brillante carrière qui le mènera jusqu'au poste de chef de service. Entre-temps il sera, en 1966, directeur adjoint du cabinet de Michel Debré, ministre des finances et, l'année suivante, directeur du cabinet de Robert Boulin,

secrétaire d'Etat à l'économie et aux finances - à un moment où son futur collègue à la Cour, Jean Driol, y sert également - puis directeur du cabinet du ministre de la fonction publique.

Nommé en 1971 chef de mission du contrôle économique et financier, il renoue brièvement en 1974 avec le cabinet du secrétariat d'Etat au budget, en qualité de chargé de mission. En 1974, il est nommé directeur de la prévision au ministère de l'économie et des finances. Il connaît à ce poste une longévité exceptionnelle puisqu'il y reste jusqu'en 1982, année de sa nomination en qualité de conseiller maître à la Cour des comptes.

Sa très riche expérience personnelle fait d'emblée de lui un magistrat très apprécié tant à la sixième chambre, où il siège de 1982 à 1990, qu'à la troisième chambre, où il est affecté en décembre 1990. Il est successivement contre-rapporteur de plusieurs entreprises publiques de premier plan, en particulier dans le secteur de la chimie, puis dans le secteur bancaire, où il contribue notamment à fixer les positions de la Cour dans l'affaire des crédits d'impôts fictifs. Ses travaux concernent également la Banque de France. Parallèlement, Pierre Cortesse est administrateur des Assurances générales de France et de la banque Chaix et la confiance de ses collègues lui vaut d'être élu comme représentant de la Cour au conseil de surveillance de la Caisse des dépôts et consignations.

Ce travailleur infatigable préside en outre le jury d'entrée au concours de l'E.N.A. et le conseil d'administration de la Caisse autonome nationale de sécurité sociale des mines.

En 1987, il est nommé membre du Conseil de la concurrence dont il devient vice-président en octobre 1993. Par ailleurs, il est vice-président de la commission des comptes du tourisme depuis 1988.

Officier dans l'ordre national du Mérite, Pierre Cortesse est chevalier de la Légion d'honneur, chevalier du Mérite agricole et des Palmes académiques. Rigueur du raisonnement, et en particulier du raisonnement économique, souci permanent de jeter un pont entre les constatations de la Cour et les concepts de l'économie politique ou financière et surtout priorité absolue donnée à l'élégance intellectuelle et morale sont la marque distinctive de cet éminent magistrat, qui garde dans nos rangs de très solides amitiés.