Arrêté par la gestapo en juillet 1943, alors qu'il s'efforce de réaliser son dessein en passant en Espagne, il est déporté au camp de Buchenwald.
S'ouvre alors pour lui cette période qui le marque à jamais dans son corps et dans son esprit. Un certain nombre d'entre vous ont sans doute lu avec une émotion teintée d'effroi les pages si durement véridiques de l'ouvrage dans lequel Jean Mialet fait revivre, trente ans plus tard, les situations, les épreuves et les sentiments auxquels il s'est trouvé confronté entre juillet 1943 et mai 1945 dans les camps de Buchenwald, Dora et Harzungen.
Libéré mais profondément meurtri, l'ancien international de rugby scolaire de 1939, le jeune officier plein d'allant de 1942, met sept ans à se remettre physiquement de son séjour dans les camps nazis.
Encore faut-il ajouter que la guérison n'est que partielle puisqu'au bout du compte la vocation de toujours ne pourra être pleinement assumée et que les séquelles concentrationnaires ne seront jamais totalement effacées.
Contraint de renoncer à la condition militaire, Jean Mialet s'oriente tout normalement vers le service public civil. Après avoir obtenu une licence et trois diplômes d'études supérieures en droit et en économie politique à la faculé de Toulouse, il entre à l'E.N.A. en 1953 par la voie du concours interne.
Il sort en juillet 1955 de la rue des Saints-Pères pour être affecté comme administrateur civil à la direction du Trésor au ministère des Finances.
Pendant quatre ans, il acquiert là les compétences et l'expérience que ce service de l'Etat sait inculquer à ses nouveaux membres. Il y devient notamment l'un des meilleurs spécialistes de l'aide aux pays en voie de développement.
Mais parallèlement à son action administrative, Jean Mialet décide de mener un autre combat, appliquant la devise qu'il s'est donnée à lui-même en tirant les leçons de sa déportation: <<il faut="" toujours="" se="" battre,="" mais="" il="" être="" fraternel.="">> Avec d'autres anciens déportés de la Résistance, il fonde en 1957 les groupes <<rencontres>> dont l'objectif est notamment de faire de ces <<structures de="" dialogue="">> des moyens de lutte, discrets mais permanents,
contre les réflexes d'affrontement entre Français...>> A partir de là et à travers toutes les crises ou tensions qui affectent la vie de la <<grande muette="">>, de la période algérienne à l'aventure de la dissuasion nucléaire, Jean Mialet poursuit sans relâche et avec ténacité la réflexion et le débat sur la défense, le moral des troupes et celui de la nation.</rencontres>
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