Il sait par ailleurs combiner harmonieusement cet engagement personnel avec sa vie professionnelle de commis de l'Etat dans le domaine financier.
En 1959, il est placé en service détaché auprès du secrétariat général de la Communauté et ne peut que se réjouir de venir travailler à proximité de celui qui, à ses yeux, continue d'incarner l'esprit de Résistance. Là, pendant trois ans, il a en charge les affaires économiques et financières, et notamment les questions monétaires liées à la mise en place de la zone franc et de ses principales institutions.
Le 26 juin 1962, la Cour est légitimement fière d'accueillir une telle recrue au sein du référendariat.
Affecté à la quatrième chambre à laquelle il restera fidèle jusqu'au bout,
en dehors d'un bref passage au cabinet de Jacques Baumel au second semestre 1969, Jean Mialet va vite révéler des qualités qui, tout au long de sa carrière de magistrat, lui vaudront l'estime et le respect de tous ses collègues.
Ses travaux portent essentiellement sur le contrôle des collectivités locales et d'autres organismes du secteur public local. Faisant toujours preuve de la même tranquillité souriante, il mène à bien, sans bruit et avec efficacité, les nombreuses vérifications qui lui sont confiées, alors que des accidents de santé continuent de l'éprouver.
N'oubliant jamais, par tempérament et par expérience, d'introduire la dimension humaine dans l'analyse juridique des questions qu'il traite, notre collègue s'est mis au service de la Cour avec un moral et un dévouement sans faille.
Promu à la maîtrise en 1978, il poursuit dans la même voie de la disponibilité et de la conscience professionnelle alors même que sa riche personnalité et ses indéniables compétences, non seulement en matière de défense mais dans tous les sujets qui concernent la cohésion nationale, lui valent d'être consulté ou mis à contribution en de nombreuses occasions à l'extérieur de notre maison.
C'est ainsi notamment que de 1978 à 1983, il sera président de l'Institut national d'études démographiques, qu'il est membre du Conseil national de liaison défense-armée-nation depuis 1976 et membre de la Commission nationale de l'informatique et des libertés depuis 1988.
Président du conseil d'administration du musée de l'armée depuis 1984,
auteurs de trois ouvrages dont Le Déporté, la haine ou le pardon, publié en 1981, qui lui vaut le grand prix catholique de littérature cette même année-là, Jean Mialet porte, à juste titre, parmi ses nombreuses décorations, la cravate de commandeur de la Légion d'honneur.
Nous souhaitons à ce collègue unanimement apprécié une heureuse retraite au milieu des siens dont nous savons qu'elle sera également occupée et stimulée par les mêmes idéaux qui, tout au long de sa vie active, ont guidé ce grand patriote.
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