Jean Mons
Le 8 mai dernier, le président Jean Mons disparaissait à l'âge de quatre-vingt-trois ans. Il était né le 25 février 1906 à Argentat-en-Corrèze. La mort de son père, disparu pendant la grande guerre alors qu'il n'avait que quinze ans, l'oblige à gagner tôt sa vie comme instituteur intérimaire.
A vingt ans, il entre dans l'administration des contributions indirectes dont il gravira les échelons: d'abord surnuméraire, puis vérificateur,
contrôleur et enfin contrôleur principal en 1936. A ce moment, la confiance de ses collègues le désigne pour exercer des fonctions syndicales. Réintégré dans les cadres en 1939, il participe dès 1940 à la résistance à l'ennemi avec une ardeur et un courage qui lui vaudront la Croix de guerre avec palme et la rosette de la médaille de la Résistance. En décembre 1943, il est membre de la délégation générale en France du gouvernement provisoire et préside la commission du Conseil national de la résistance pour les comités de libération. En août 1944, il participe à la libération de la capitale pénétrant l'un des premiers dans l'hôtel de ville.
Le 19 août 1944, il avait été nommé préfet et était chargé des fonctions de secrétaire général de la Seine aux côtés, faut-il y voir un signe prémonitoire du destin, d'un de nos collègues M. Flouret.
En décembre 1946, M. Mons dirige à Matignon le cabinet du président du conseil, Léon Blum, puis conserve auprès de son successeur, Paul Ramadier,
les mêmes fonctions.
En mai 1947, il est nommé résident général en Tunisie où il s'efforce de promouvoir des réformes propres à préparer l'avenir, notamment sur le plan économique. A ses côtés se trouve, en qualité de directeur de l'instruction publique en Tunisie, le futur premier président Lucien Paye.
Il revient en France en juin 1950 pour exercer les fonctions de secrétaire général de la défense nationale. Il y restera jusqu'en octobre 1954, au moment où cette carrière brillante et rapide connaît une cassure d'autant plus pénible qu'elle met en cause l'honneur de cet homme si dévoué à la patrie. Sa confiance a été trahie; accusé d'imprudence, il est même inculpé. Sa défense courageuse, les témoignages favorables et irrécusables des plus hautes autorités lui valent d'être acquitté, le 19 mai 1956.
Le 30 octobre 1956, il est nommé conseiller maître à la Cour des comptes où il est affecté à la première chambre. La nouveauté des tâches du contrôle des comptes ne rebute pas notre collègue; bien au contraire, il y apporte son dynanisme, sa connaissance des hommes et de l'administration; il se révèle rapidement comme un remarquable magistrat, animant notamment l'équipe chargée de la vérification de ce qui est alors le ministère des travaux publics. Mais son activité ne se limite pas aux seuls travaux de la juridiction, il participe également aux investigations du comité d'enquête; il préside la commission paritaire nationale du personnel communal.
En avril 1970, Jean Mons est nommé président de chambre. Il dirigera pendant six ans les travaux de la deuxième chambre avec autant d'équité et de compétence que de dynamisme.
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