A modifié les dispositions suivantes :
Art. AM8
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Créé le 30 décembre 2004 · En vigueur depuis le 24 janvier 2010
GUIDE D'EMPLOI DES ISOLANTS COMBUSTIBLES DANS LES ÉTABLISSEMENTS RECEVANT DU PUBLIC
Partie I
GÉNÉRALITÉS
I-1. Introduction
La fonction isolation concerne généralement deux préoccupations :
I-2. Mesures préventives retenues
Les mesures préventives retenues par le premier paragraphe de l'article AM 8 sont :
I-3. Règles de mise en oeuvre
Les ouvrages incorporant un isolant combustible doivent être réalisés conformément aux règles techniques en vigueur, notamment les prescriptions des documents techniques unifiés (DTU) et celles des avis techniques, en tenant compte, le cas échéant, des règles de mise en oeuvre mentionnées au paragraphe III-5.
Les solutions constructives justifiées au titre de la partie III peuvent ne pas se voir appliquer tout ou partie des paragraphes suivants.
I-3.1. Continuité des écrans
En situation d'incendie, les jointoiements et les fixations de l'écran contribuent, avec la nature et l'épaisseur de celui-ci, à la réalisation de la performance de protection pendant la durée spécifiée à l'article AM 8 (un quart d'heure ou une demi-heure).
Jointoiements :
Les joints doivent répondre, en partie courante ou en périphérie de l'écran, à l'une au moins des conditions ci-après :
I-3.2. Recoupement des isolants combustibles
Les solutions constructives ne doivent permettre, en aucun cas, le transfert des produits de dégradation ou de combustion de l'isolant (effluents gazeux, matière fondue) vers des volumes isolés (2) autres que celui qui est déjà affecté par l'incendie.
Satisfaire cet objectif implique le recoupement de l'isolant et de toute lame d'air à son contact :
1. Entre un volume isolé et tout volume voisin, le recoupement est effectué au passage des planchers et des parois verticales séparatives auxquels sont imposées des exigences de résistance au feu (cf. règlement de sécurité des établissements recevant du public du 25 juin 1980 modifié). Il n'est pas nécessaire dans le cas des toitures en béton (cf. II-1.2.1).
De plus, en présence d'une lame d'air, l'isolant doit être classé au moins E (l'intervalle entre un isolant collé par plots ou par bandes et sa paroi support n'est pas considéré comme lame d'air). Par ailleurs, toute lame d'air ventilée intérieurement est interdite.
2. Dans le cas des façades légères et des bardages, le recoupement est effectué au droit de chaque niveau de plancher coupe-feu, ainsi qu'au droit de chaque paroi coupe-feu et tous les 20 m au maximum par l'interposition d'une barrière étanche au flux thermique, aux effluents gazeux et aux matières fondues.
Ce recoupement est obtenu par la mise en place, à l'intérieur du panneau de façade, d'une barrière en matériau isolant classé A2 - s2, d0, de largeur minimale de 10 cm et maintenue par un profil métallique continu, fixé mécaniquement ou par une pièce de bois massif de largeur de 7 cm minimum.
3. Dans le cas des toitures légères (i.e. autres que celles visées en II-1.2.1), le recoupement est réalisé par l'interposition d'une barrière étanche au flux thermique, aux effluents gazeux et matières fondues, formant des mailles de surface n'excédant pas 300 m² dont la plus grande dimension ne dépasse pas 30 m.
Ce recoupement est obtenu par la mise en place d'une barrière en matériau isolant classé A2 - s2, d0, de largeur minimale de 30 cm, fixée mécaniquement. Dans le cas de toitures à lame d'air ventilée en sous-face de la couverture, la barrière de recoupement est réalisée par une pièce de bois massif de largeur de 7 cm minimum.
En outre, en cas de présence de locaux à risques particuliers (cf. règlement de sécurité ERP du 25 juin 1980 modifié), les toitures comportant des isolants combustibles doivent :
(1) L'isolation par l'extérieur des façades en maçonneries et bétons ne relève pas de l'article AM 8. Il convient de se référer à l'instruction technique n° 249. (2) Un volume isolé est un local ou un ensemble de locaux délimité par des parois répondant à une exigence réglementaire de résistance au feu.
Partie II
SOLUTIONS CONSTRUCTIVES AVEC ÉCRAN
D'une manière générale, les éléments séparatifs justifiant d'un classement coupe-feu 1/2 heure ou plus sont considérés comme écrans apportant une protection thermique des isolants durant au moins 1/4 heure pour les parois verticales et les sols. De même, les éléments séparatifs justifiant d'un classement coupe-feu 1 heure ou plus sont considérés comme écran apportant une protection des isolants d'au moins 1/2 heure pour les autres parois.
II-1. Ecrans ne nécessitant pas de justification
La mise en oeuvre de ces écrans doit satisfaire les règles du paragraphe I-3.1. Les épaisseurs indiquées sont des valeurs minimales. Elles peuvent être atteintes par la mise en oeuvre d'un ou plusieurs lits.
II-1.1. Parois verticales
II-1.1.1. Doublage des murs par l'intérieur
Contre-cloisons :
Contre-cloisons de 50 mm, réalisées en maçonnerie, en carreaux de plâtre, en panneaux de cloison alvéolaires (réseau en nid d'abeille compris entre deux plaques de parement en plâtre).
Plâtre projeté :
Enduits d'épaisseur minimale de 15 mm en plâtre projeté sur une armature métallique fixée mécaniquement à la paroi ou à une ossature au travers de l'isolant combustible.
Plaques de parement à base minérale :
Plaques de parement en plâtre de 12,5 mm ou plaques à base de silicate de calcium de 14 mm.
Revêtements intérieurs en bois massifs ou panneaux dérivés du bois :
Tableau 1
| NATURE DU REVÊTEMENT | MASSE VOLUMIQUE | ÉPAISSEUR (mm) |
| Bois massif | e < 600 e > 600 | 18 14 |
| Panneau de contreplaqué | 450 < e < 600 e > 600 | 21 18 |
| Panneau de particules | e > 600 | 16 |
| Panneau de particules agglomérées au ciment | e > 1 000 | 12 |
| Panneau de lamelles minces orientées (OSB) | e > 600 | 18 |
| Panneau de fibres moyenne densité (MDF) | e > 600 | 18 |
Pour les bois massifs, les épaisseurs considérées ci-avant sont les épaisseurs finies et non les épaisseurs commerciales des bois de sciage. Par ailleurs, il s'agit d'épaisseurs effectives, y compris au droit des usinages en rives ou en partie courante, à l'exception de ceux dont la profondeur n'excède pas 3 mm et des joints réalisés sur appui.
II-1.1.2. Façades légères et bardages
Lorsqu'une couche isolante combustible est contenue dans les remplissages opaques ou les caissons, un écran de protection thermique doit être mis en oeuvre suivant les dispositions du paragraphe II.-1.1.1.
II-1.2. Toitures
Les recoupements visés au paragraphe I-3.2 sont nécessaires dans tous les cas suivants, sauf II-1.2.1 :
II-1.2.1. Toitures à gros oeuvre en béton ou en maçonnerie
Elément porteur support de l'isolant combustible, formant plafond, et présentant un degré coupe-feu 1/2 h (cf. DTU feu-béton NF P 92701 ou XP ENV 1992-1.2, ou procès-verbal de justification), par exemple :
II-1.2.2. Toitures à élément porteur en tôles d'acier nervurées
Sur tôles pleines ou perforées il y a lieu d'interposer, entre la sous-face de l'isolant combustible et les tôles porteuses formant plafond, l'un des types d'écran protecteur suivants :
II-1.2.3. Toitures à élément porteur continu en bois
ou en panneaux dérivés du bois
L'élément porteur forme le plafond. Il doit répondre à l'article AM 4.
Ecrans constitués d'un seul matériau :
Tableau 2
| MATÉRIAU CONSTITUTIF DE L'ÉCRAN | ÉPAISSEUR (mm) |
| Bois massif e < 600 kg/m3 | 30 |
| Bois massif e > 600 kg/m3 | 26 |
| Panneau de contreplaqué : e < 600 kg/m3 e > 600 kg/m3 |
40 35 |
| Panneau de particules e > 600 kg/m3 | 32 |
| Panneau de lamelles minces orientées (OSB) | 35 |
Pour les bois massifs, les épaisseurs considérées dans ce tableau sont les épaisseurs finies et non pas les épaisseurs commerciales des bois de sciage. Par ailleurs, il s'agit d'épaisseurs effectives y compris au droit des usinages en rives ou en partie courante, à l'exception de celles dont la profondeur n'excède pas 3 mm et des joints réalisés sur appui.
Ecrans composés de plusieurs matériaux :
Les associations réputées satisfaisantes sont données dans le tableau 3.
Tableau 3
| ÉLÉMENT PORTEUR | COMPLÉMENT DE PROTECTION POSSIBLE (3) (4) (AU CHOIX) | |||
| Epaisseur | ||||
| Panneau de particules (rapporté sur l'une des faces de l'élément porteur) | Plaque de parement en plâtre (rapportée sur l'une des faces de l'élément porteur) | Laine de roche ou perlite | ||
| Lames de bois massif rainées-bouvetées Epaisseur 22 mm | e < 600 kg/m3 | 10 mm | 9,5 mm | 30 mm |
| e > 600 kg/m3 | 8 mm | 9,5 mm | 30 mm | |
| Panneau de particules e > 600 kg/m3 Epaisseur 18 mm | 14 mm | 9,5 mm | 30 mm | |
| Panneau à lames orientées (OSB) Epaisseur 15 mm | 18 mm | 12,5 mm | 40 mm | |
| Panneau de contreplaqué | Epaisseur (1) 10 mm | 22 mm | 15 mm | 40 mm |
| Epaisseur (2) 12 mm | 20 mm | 15 mm | 40 mm | |
| (1) Epaisseur minimale prescrite par le DTU n° 43.4 pour les panneaux portés sur leurs quatre rives. (2) Epaisseur minimale prescrite par ce même document pour les panneaux dont les rives perpendiculaires aux appuis ne sont pas supportées. (3) Seule la face inférieure répond à AM 4. (4) Fixé mécaniquement aux appuis du premier lit si rapporté en face inférieure. | ||||
II-1.2.4. Ecran en sous-face de toitures
Les écrans admis sont ceux définis aux paragraphes II-1.2.2 et II-1.2.3 ci-avant.
De tels écrans doivent être fixés mécaniquement à l'élément porteur lui-même, à la charpente ou encore à une ossature secondaire liée à cette charpente.
II-1.3. Parois horizontales intérieures
II-1.3.1. Sols
Chapes et dalles flottantes traditionnelles, rapportées :
De tels ouvrages, réalisés en béton ou en mortier de ciment, présentent des épaisseurs minimales de 3 cm, ce qui assure la protection des isolants combustibles pour 1/4 heure.
Planchers et parquets en bois massif ou en panneaux dérivés du bois :
Les épaisseurs du plancher apparent ou du parquet sont conformes à celles indiquées au tableau 1.
II-1.3.2. Planchers intermédiaires
Ils doivent répondre à deux exigences simultanées, celle applicable aux sols (suivant paragraphe II-1.3.1) et celle applicable aux plafonds. Dans ce dernier cas, l'isolant combustible doit être protégé en sous-face par l'un des types d'écran appropriés mentionnés dans les paragraphes II-1.2.2 et II-1.2.3 (et, dans le cas de prédalles en béton, enduit plâtre de 20 mm ou projection d'un produit offrant une protection en résistance au feu équivalente à 6 cm de béton).
Nota. - Planchers sur vide sanitaire.
Les planchers hauts des vides sanitaires peuvent être réalisés avec des entrevous homogènes en plastique alvéolaire dont la sous-face n'est pas protégée, sous réserve de respecter l'article CO 13.
II-2. Ecrans à justifier
Les écrans à justifier sont ceux qui n'apparaissent pas au paragraphe II-1. Cette justification est établie par un laboratoire agréé pour la résistance au feu. Le laboratoire s'appuie sur des éléments de preuve que lui fournit le demandeur ou procède à un essai qui permet d'attester, pour la durée requise (1/4 heure ou 1/2 heure) :
II-2.1. Ecran au contact de l'isolant
Divers types d'essai sont susceptibles d'apporter les informations nécessaires, par exemple :
II-2.2. Ecran sans contact avec l'isolant
Il s'agit de systèmes dans lesquels une cavité, plénum y compris, est présente entre l'écran et l'isolant.
Tout écran avec cavité au dos est à qualifier en recourant aux approches retenues pour la protection des éléments structuraux dont relève le système. Toutefois, il n'est pas nécessaire d'inclure un isolant dans ce système. Parmi les protocoles d'essais utilisables, citons :
Partie III
AUTRES MISES EN OEUVRE
Le paragraphe 2 de l'article AM 8 prévoit que des produits isolants qui ne répondent pas aux exigences du paragraphe 1 de cet article ne peuvent être mis en oeuvre qu'après avis favorable de la Commission centrale de sécurité (CCS). Cet avis est prononcé au vu d'une appréciation préalable du CECMI.
La CCS et le CECMI s'appuieront, pour ce faire, sur un rapport établi par un organisme (ou un groupement d'organismes) tiers indépendant, mandaté par le demandeur. Ce dernier devra avoir avisé le CECMI quant au choix de la méthodologie retenue et des moyens mis en oeuvre par son mandataire.
En fonction de la complexité du dossier à traiter, l'organisme mandaté devra être compétent dans différents domaines, tels que : évaluation des risques, réaction et résistance au feu, essais de feu en grandeur nature, simulations numériques des phénomènes d'incendie et méthodes de l'ingénierie du feu. En outre, l'organisme mandaté devra posséder une connaissance de la réglementation de sécurité incendie, afin d'intégrer dans son analyse les objectifs de sécurité propres aux divers types d'ERP.
Les produits isolants visés ici ou les solutions constructives incorporant de tels matériaux ne doivent pas, en cas de feu à l'intérieur de l'établissement :
(*) Ces objectifs sont réputés satisfaits par les écrans ne nécessitant pas de justification (§ II-1), en particulier lorsqu'ils sont eux-mêmes constitués de matériaux isolants.
III-1. Examen du domaine d'emploi revendiqué
L'organisme examinera le domaine d'emploi visé par le demandeur. Ce domaine d'emploi sera défini selon la nomenclature de la réglementation des ERP (catégories et types) et de facteurs prépondérants tels que : présence ou non de locaux à sommeil, hauteur(s) caractéristique(s) des volumes accessibles au public, nombre de niveaux du bâtiment, locaux à risques particuliers...
III-2. Identification de scénarios d'incendie
liés au domaine d'emploi revendiqué
L'organisme procédera au choix du ou des modèles pertinents d'action thermique. Pour ce faire, les différentes situations d'incendie susceptibles de se produire seront identifiées. Seront prises en compte les destinations revendiquées, la nature, l'importance et la localisation des charges calorifiques susceptibles d'être impliquées. Des simulations numériques permettront, le cas échéant, d'optimiser le choix des modèles d'action thermique.
D'une manière générale, deux grandes familles d'actions thermiques peuvent être distinguées :
III-3. Choix du ou des essais mettant en jeu
les actions thermiques
Pour ces essais globaux, il y aura lieu de contrôler (exploitation d'essais antérieurs) ou d'assurer (essais à réaliser) la représentativité des corps d'épreuve, au regard de la mise en oeuvre de la solution constructive considérée : partie d'ouvrage, orientation, liaisonnement, fixation des divers composants, recoupement...
La taille de la surface exposée à l'action thermique doit permettre l'analyse du comportement des divers types de joints. De même, si nécessaire en fonction des applications visées et en l'absence de données exploitables, les corps d'épreuve comporteront des traversées de conduits et/ou des encastrements pour le matériel électrique usuel.
Des essais sur des corps d'épreuve ou échantillons de taille réduite pourront également être pratiqués dans le but d'évaluer des points particuliers de comportement au feu (transfert thermique, pouvoir calorifique, mesure d'opacité, analyse de certains gaz émis, analyse thermique différentielle, analyse thermogravimétrique...). Certaines données issues de ces divers essais pourront être exploitées comme données d'entrée pour d'éventuelles simulations numériques qui permettront de préciser le domaine d'utilisation des résultats.
A titre indicatif, on donne ci-après, selon l'orientation des parois, quelques références d'essais globaux susceptibles d'être utilisés avec ou sans adaptation du corps d'épreuve et/ou du foyer.
a) Parois verticales :
EN 1364-1 : essais de résistance au feu des éléments non porteurs. - Partie 1 : murs ;
EN 1365-1 : essais de résistance au feu des éléments porteurs. - Partie 1 : murs ;
ISO FDIS 13784-1 : fire tests, reaction to fire test for sandwich panel building systems. - Part 1 : small scale room test ;
ISO FDIS 13784-2 : fire tests, reaction to fire test for sandwich panel building systems. - Part 2 : large scale room test ;
APSAD, règles techniques T14-A (procédure d'essai des panneaux sandwich).
b) Autres parois (sols exclus) :
EN 1365-2 : essais de résistance au feu des éléments porteurs. - Partie 2 : planchers et toitures ;
ISO FDIS 13784-1 : fire tests, reaction to fire test for sandwich panel building systems. - Part 1 : small scale room test ;
ISO FDIS 13784-2 : fire tests, reaction to fire test for sandwich panel building systems. - Part 2 : large scale room test ;
APSAD : document technique D14 : procédure d'essai concernant les couvertures isolantes en bac acier ;
DIN 18234. - Partie 1 : essais pour toitures exposées au feu par leur face inférieure.
D'une manière générale, les résultats de tout essai grandeur présentant des caractéristiques dimensionnelles et de sollicitation thermique supérieures peuvent être pris en considération. Il en est de même des résultats de codes de calcul validés par de tels essais.
III-4. Analyse des réponses de la solution constructive
L'interprétation des résultats de ces évaluations s'appuiera sur le relevé, à l'issue des essais, de la dégradation de l'isolant combustible vue sous deux aspects :
III-5. Proposition d'un domaine d'emploi justifié,
assorti des conditions de mise en oeuvre
Cette proposition de domaine d'emploi devra tenir compte de l'analyse des réponses de la solution constructive et, le cas échéant, des dispositions de l'arrêté du 4 novembre 1975.
Les conditions de mise en oeuvre devront être précisément définies au regard :
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