II. - Observations sur les prévisions pour 2023 et 2024
-
Le scénario du Gouvernement
-
Selon la saisine du Gouvernement, « Après la forte hausse de + 2,6 % en 2022, l'activité en France augmenterait de + 1,0 % en 2023 puis + 1,6 % en 2024. […] L'inflation resterait élevée en moyenne annuelle en 2023, à + 4,9 % (après + 5,2 % en 2022), avec un ralentissement progressif à partir de la mi-année de l'inflation en glissement annuel, puis refluerait en 2024 à + 2,6 %. »
-
La saisine indique que « en moyenne annuelle, la consommation des ménages progresserait très modestement. L'investissement des ménages se replierait, principalement du fait du resserrement des conditions de financement et d'une normalisation après des années 2021 et 2022 exceptionnelles. A l'inverse, l'activité bénéficierait de la résilience de l'investissement des entreprises, soutenu notamment par la baisse de la fiscalité sur la production, et du soutien de la demande publique. […] En 2024, la croissance repasserait au-dessus de son rythme tendanciel (+ 1,6 %), soutenue par un rebond du pouvoir d'achat, qui bénéficierait de revenus salariaux plus dynamiques que les prix, et des effets de rattrapage partiels concernant la consommation des ménages […] et les échanges extérieurs, qui retrouveraient une contribution légèrement positive […]. »
-
Appréciation du Haut Conseil
-
Le Gouvernement prévoit une croissance du PIB en volume de 1,0 % en 2023 et de 1,6 % en 2024.
-
Les hypothèses de croissance mondiale du Gouvernement (2,8 % en 2023, 3,0 % en 2024) sont proches de celles des organisations internationales. Elles sont notamment identiques à celles d'avril 2023 du FMI et très proches de celles de mars de l'OCDE (2,6 % en 2023, 2,9 % en 2024). Le Gouvernement retient notamment une croissance en zone euro de 0,8 % en 2023 et 1,5 % en 2024, des prévisions similaires à celles du FMI et de l'OCDE (0,8 % et 1,4 %) et de la Commission européenne de février (0,9 % et 1,5 %).
-
La prévision de croissance en France du Gouvernement pour 2023 est en revanche supérieure à celle de la moyenne des prévisionnistes interrogés en avril par le Consensus Forecasts (0,5 %) et plus élevée que la borne supérieure des prévisions qu'il collecte (0,8 %). La prévision gouvernementale est ainsi la plus haute des prévisions recensées par le Haut Conseil (cf. tableau 1).
Tableau 1. - Prévisions de croissance du PIB en volume en France
(%, en moyenne annuelle)
| |Date de publication|2023|2024| |---------------------|-------------------|----|----| |Commission européenne| 1er février |0,6 |1,4 | | OCDE | 17 mars |0,7 |1,3 | | Banque de France | 20 mars |0,6 |1,2 | | Rexecode | 22 mars |0,2 |0,6 | | Consensus Forecasts | 11 avril |0,5 |1,0 | | FMI | 11 avril |0,7 |1,3 | | OFCE | 13 avril |0,8 |1,2 | | Gouvernement | 20 avril |1,0 |1,6 |
Sources : prévisions d'hiver de la Commission européenne de février 2023, perspectives économiques de l'OCDE de mars 2023, projections macroéconomiques de la Banque de France de mars 2023, Rexecode, Consensus Forecasts d'avril 2023, perspectives de l'économie mondiale du FMI d'avril 2023, Policy brief de l'OFCE d'avril 2023, Programme de stabilité 2023-2027.
1 version