- Cette amélioration résulte avant tout de l'évolution des prix de l'énergie qui reculent significativement depuis l'été 2022 : le prix du pétrole brut (Brent) a baissé de plus 110 $ le baril en juillet 2022 à environ 85 $ en avril 2023, alors que celui du gaz était divisé par 5 en Europe sur la même période. Les ruptures d'approvisionnement en gaz et en électricité ne se sont pas matérialisées durant l'hiver grâce à un temps clément, à une réduction de la consommation d'énergie et à une diversification des fournisseurs. Parallèlement, les marchés du travail restent globalement dynamiques et soutiennent la progression des revenus, compensant en partie la perte de pouvoir d'achat que de nombreux ménages ont enregistrée avec la hausse des prix.
- L'économie américaine a poursuivi sa croissance fin 2022, à un rythme cependant un peu plus modéré, soutenue notamment par la consommation des ménages. Le marché du travail reste tendu, avec des créations d'emplois élevées, un taux de chômage bas et une croissance des salaires dynamique. Même si l'inflation semble avoir atteint son pic mi-2022, sa décrue est lente : en mars, la hausse des prix à la consommation s'est élevée à 5,0 % en glissement annuel et à 5,6 % pour l'inflation sous-jacente. La Réserve Fédérale poursuit par conséquent sa politique de remontée de ses taux directeurs qui atteignent désormais 4,75-5,00 %. Ce resserrement monétaire pourrait entraîner un ralentissement de l'économie américaine au cours des prochains mois et limiter la reprise attendue en 2024.
- Dans la zone euro, le recul des prix de l'énergie et le dynamisme du marché du travail ont permis d'échapper à la récession durant l'hiver 2022-2023. La croissance devrait rester faiblement positive en 2023 et 2024, y compris en Allemagne où les perspectives économiques ont été révisées à la hausse (le dernier rapport du Conseil des 5 sages prévoit ainsi une croissance de 0,2 % en 2023, puis 1,3 % en 2024). Conséquence de la baisse des prix énergétiques, l'inflation dans la zone euro a diminué en mars pour le 5e mois consécutif à 6,9 % en glissement annuel. Ce ralentissement des indices de prix globaux ne s'accompagne cependant pas d'une baisse de l'inflation sous-jacente qui a de nouveau augmenté en mars pour atteindre 5,7 % en glissement annuel. Dans l'ensemble de la zone euro, les salaires en particulier dans les services, enregistrent de fortes progressions qui devraient dans les prochains mois soutenir l'inflation.
- Après une année de faible croissance en 2022, l'activité économique en Chine devrait se renforcer en 2023 et soutenir l'économie mondiale. L'abandon de la politique zéro Covid a entraîné un rebond de la demande privée et du secteur des services depuis le début de l'année, et la consommation des ménages pourrait bénéficier d'effets importants de rattrapage au cours des prochains mois.
- Les conditions financières se sont nettement durcies depuis le début de 2022. Les banques centrales resserrent leurs politiques monétaires, entraînant une forte hausse des taux souverains depuis début 2022. La BCE a notamment relevé son taux de dépôt de 50 points de base (pb) puis de 300 pb, soit une hausse de 350 pb en un an, et les déclarations des membres du directoire de la BCE laissent anticiper une poursuite du resserrement monétaire afin d'agir sur l'inflation. Les craintes sur la santé des établissements financiers nées après la faillite de trois banques aux Etats-Unis, dont la Silicon Valley Bank, le rachat en urgence de Crédit Suisse par UBS et les turbulences sur les marchés ont parallèlement renchéri transitoirement les coûts de financement et devraient réduire plus durablement l'offre de crédit.
- L'amélioration des perspectives économiques demeure par conséquent fragile. L'impact des changements de politique monétaire sur l'activité et sur l'inflation est entouré d'incertitudes. La hausse des taux d'intérêt pourrait accroître les vulnérabilités financières liées à un endettement élevé et provoquer des tensions sur les prix des actifs. Par ailleurs, les pressions sur les marchés mondiaux de l'énergie pourraient également réapparaître l'hiver prochain, dans un contexte de hausse de la demande asiatique, entraînant de nouvelles flambées des prix et une hausse de l'inflation. Enfin, les incertitudes entraînées par la guerre en Ukraine restent élevées.
Graphique 2. - Indicateur de sentiment économique (ESI) en zone euro publié par la Commission européenne
Vous pouvez consulter l'image dans le fac-similé du
JOnº 0110 du 12/05/2023, texte nº 44
Source : Commission européenne.
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