Le ministre de l'intérieur,
Vu le code des relations entre le public et l'administration, notamment ses articles L. 211-2 et L. 211-5 ;
Vu le code du sport, notamment son article L. 332-16-1 ;
Vu l'arrêté du 20 janvier 2026 du préfet de police et du préfet des Hauts-de-Seine instituant un périmètre au sein duquel la présence de certaines catégories de supporters est réglementée et instaurant certaines mesures de police à l'occasion de la rencontre de football de Ligue 1 du samedi 31 janvier 2026 entre les équipes du Paris Football Club (PFC) et de l'Olympique de Marseille au stade Jean Bouin à Paris ;
Considérant qu'en application de l'article L. 332-16-1 du code du sport, le ministre de l'intérieur peut, par arrêté, interdire le déplacement individuel ou collectif de personnes se prévalant de la qualité de supporter d'une équipe ou se comportant comme tel sur les lieux d'une manifestation sportive et dont la présence est susceptible d'occasionner des troubles graves pour l'ordre public ; que l'existence d'une atteinte à l'ordre public de nature à justifier une interdiction de déplacement de supporters doit être appréciée objectivement, indépendamment du comportement des personnes qu'elle vise, dès lors que leur seule présence est susceptible d'occasionner des troubles graves pour l'ordre public ;
Considérant, en premier lieu, que les déplacements de l'Olympique de Marseille (OM) sont très fréquemment source de troubles à l'ordre public du fait du comportement violent de certains supporters ou d'individus se prévalant de la qualité de supporter de cette équipe, manifesté de façon récurrente aux abords des stades et dans les centres-villes des lieux de rencontre, tant par des rixes entre supporters que par des violences contre les forces de l'ordre ou des jets de pétards, fumigènes ou bombes agricoles causes de blessures ou de dégradations ; que pour la seule période récente, il en a notamment été ainsi le 22 décembre 2024 en amont de la rencontre entre l'Association Sportive de Saint-Etienne et l'OM, en violation de l'arrêté ministériel d'interdiction de déplacement, plus de 200 supporters marseillais se sont déplacés jusqu'à proximité du stade Geoffroy Guichard de Saint-Etienne, nécessitant l'intervention des forces de l'ordre afin de les escorter vers l'autoroute en direction de Marseille ; que le 11 janvier 2025, à l'occasion de leur déplacement à Rennes pour assister à une rencontre entre le Stade Rennais Football Club et l'OM, des supporters marseillais ont croisé sur la route des supporters bordelais, conduisant ainsi à une rixe sur une aire de repos impliquant une soixantaine d'individus et causant trois blessés ainsi que des dégradations ; que le 9 février 2025, lors de la rencontre entre l'Angers Sporting Club de l'Ouest et l'OM, une rixe a éclaté entre les supporters angevins et marseillais, faisant un blessé et nécessitant l'intervention des forces de l'ordre ; que le 12 avril 2025, en amont de la rencontre entre l'Association Sportive de Monaco et l'OM, une rixe est survenue entre supporters marseillais et monégasques, nécessitant l'intervention des forces de l'ordre à plusieurs reprises ; que des supporters marseillais ont tenté de forcer leur entrée dans le stade puis commis des dégradations, fracturant du mobilier puis s'emparant d'une lance à incendie qu'ils ont utilisée pour asperger les forces de l'ordre ; que le 4 mai 2025, à l'occasion de la rencontre opposant le Lille Olympique Sporting Club à l'OM, un supporter marseillais a outragé un agent des forces de l'ordre et qu'une échauffourée est survenue au sein d'une tribune, provoquant l'interpellation de deux supporters marseillais et quatre supporters lillois ; que le 10 mai 2025, en amont de la rencontre entre le Havre Athlétic Club et l'OM, une rixe entre supporters marseillais est survenue au niveau des zones de palpation, nécessitant l'intervention des forces de l'ordre ; qu'au cours de la mi-temps, des supporters marseillais ont attaqué les forces de l'ordre, conduisant à l'interpellation de l'un d'entre eux ; qu'au cours de la rencontre, les supporters marseillais ont fait usage de 48 engins pyrotechniques ; que, le 4 octobre 2025, lors de la rencontre entre le Football Club de Metz et l'OM, les supporters marseillais ont fait un usage massif d'engins pyrotechniques ; qu'à l'issue de la rencontre, des supporters marseillais ont été agressés par des supporters messins, dont trois ont été blessés et pris en charge par les secours ; que le 25 octobre 2025, lors de la rencontre entre le Racing Club de Lens et l'OM, les supporters marseillais ont dégradé 55 sièges du parcage visiteur ; que le 21 novembre 2025, à l'occasion de la rencontre entre l'Olympique Gymnaste Club de Nice et l'OM, laquelle avait fait l'objet d'un arrêté ministériel d'interdiction de déplacement des supporters marseillais qui a été partiellement respecté, des échauffourées sont survenues en tribunes entre supporters niçois et marseillais après que ces derniers ont manifesté leur joie à la suite d'un but marqué par leur équipe ; qu'en conséquence, trente supporters marseillais ont été escortés hors du stade par les forces de l'ordre ; que deux supporters marseillais responsables d'un mouvement de foule ont ensuite été placés en garde à vue pour méconnaissance de l'arrêté ministériel ; que le 5 décembre 2025, en amont de la rencontre entre le Lille Olympique Sporting Club et l'OM, un supporter marseillais a été interpellé pour dégradation et placé en garde à vue ; que des supporters marseillais ont invectivé des supporters lillois à leur arrivée au stade et lancé un engin pyrotechnique en leur direction, nécessitant l'intervention des forces de l'ordre ; que le 21 décembre 2025, en amont de la rencontre entre le Football Bourg-en-Bresse Péronnas 01 et l'OM, deux supporters marseillais ont été interpellés pour port d'engin pyrotechnique ; que plusieurs dizaines de supporters marseillais ont effectué une charge en direction des forces de l'ordre afin d'extraire un des supporters interpelés, nécessitant la réaction des forces de l'ordre afin de les repousser et de ramener le calme ; que les supporters marseillais ont fait usage de plus de cent engins pyrotechniques avant et au cours de la rencontre, et commis des dégradations sur une cinquantaine de sièges ainsi que sur la porte des sanitaires de la tribune visiteurs ; qu'en outre, les mesures préfectorales encadrant le déplacement des supporters marseillais afin d'éviter des troubles à l'ordre public sont régulièrement méconnues, comme ce fut le cas le 25 novembre 2023 à Strasbourg, le 22 décembre 2024 à Saint-Etienne, le 12 avril 2025 à Monaco, le 10 mai 2025 au Havre, le 1
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novembre 2025 à Auxerre et le 21 décembre 2025 à Bourg-en-Bresse ;
Considérant, en deuxième lieu, que lors des rencontres organisées à domicile, certains supporters du PFC adoptent fréquemment un comportement violent, aux abords et dans l'enceinte des stades, tant par des rixes entre supporters que par des violences contre les forces de l'ordre ou des jets de divers projectiles, pétards ou fumigènes, causes de blessures ou de départs d'incendie ; qu'il en fut particulièrement ainsi le 17 décembre 2021 (PFC-Olympique Lyonnais) où des violences entre supporters en tribunes, impliquant notamment des supporters du Paris Saint-Germain, également présents à l'occasion de cette rencontre, au moyen d'armes par destination et d'engins pyrotechniques, ont conduit à l'arrêt définitif de la rencontre et à l'exclusion des deux équipes de la compétition de la coupe de France par la fédération française de football ; qu'il en a également été ainsi le 17 mai 2022 (PFC-Football Club de Sochaux) où, à la suite d'un mouvement de foule, 700 supporters parisiens sont entrés dans l'enceinte sportive sans faire l'objet d'aucun contrôle et où, à l'issue de la rencontre, une trentaine d'entre eux a pénétré sur l'aire de jeu ; que le 6 mai 2023 (PFC-Grenoble Foot 38), des supporters du PFC ont tenté de dérober la bâche de leurs homologues grenoblois et une rixe entre ces derniers n'a été évitée qu'en raison de l'interposition des forces de l'ordre ; que le 26 septembre 2023 (PFC- Stade Lavallois Mayenne FC), une rixe a éclaté entre supporters, nécessitant l'intervention des stadiers afin de permettre un retour au calme ; que le 23 août 2024 (PFC-Union Sportive du Littoral de Dunkerque), un supporter parisien a lancé deux engins pyrotechniques en direction de la pelouse, occasionnant une interruption de la rencontre ; que le 1
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novembre 2024, à l'issue de la rencontre entre le PFC et le Rodez Aveyron Football, une rixe est survenue entre supporters parisiens, entraînant l'interpellation de sept supporters et des blessures par arme blanche chez quatre autres, dont deux étaient grièvement atteints ; que le 5 avril 2025, à l'occasion d'une rencontre entre le PFC et le Clermont Foot 63, les supporters parisiens ont déployé des banderoles insultantes à l'égard du ministre de l'intérieur ; que le 21 septembre 2025, lors d'une rencontre entre le PFC et le Racing Club de Strasbourg, les supporters parisiens ont fait usage de 14 engins pyrotechniques ; que le 29 octobre 2025, à l'occasion de la rencontre entre le PFC et l'Olympique Lyonnais, trois supporters parisiens ont été interpellés pour usage d'engin pyrotechnique ; qu'au cours du match, des supporters du PFC ont tenté d'aller invectiver des supporters lyonnais, créant un léger mouvement de foule ; qu'à l'issue de la rencontre, un supporter à risque a pénétré sur la pelouse, conduisant ainsi à son interpellation et à son placement en garde à vue ; que le 7 novembre 2025, lors de la rencontre entre le PFC et le Stade Rennais Football Club, les supporters parisiens ont fait usage de 28 engins pyrotechniques ; qu'à l'issue de la rencontre, cinq supporters à risque du PSG ayant appartenu à un groupe de supporters dissous ont été évincés du stade après avoir adressé des provocations aux supporters adverses ;
Considérant, en troisième lieu, que malgré l'absence d'antagonisme particulier entre les supporters du PFC et de l'OM, il existe un fort antagonisme historique entre les supporters du club du Paris Saint-Germain (PSG), domicilié dans la même ville que le PFC, et l'OM ; qu'il est ainsi à craindre que les supporters du PSG profitent de la venue de supporters marseillais pour commettre des violences et s'en prennent à eux sur leur trajet ou sur le lieu de la rencontre, ou que les supporters de l'OM tentent de dégrader les installations sportives du PSG, situées à proximité du stade Jean Bouin, ce qui serait susceptible de déclencher des affrontements ; qu'en effet, les rencontres entre le PSG et l'OM ont donné lieu à plusieurs reprises à de graves affrontements nécessitant l'intervention des forces de l'ordre, dont certains membres ont été blessés, par des jets de projectiles et par l'allumage d'engins pyrotechniques ; qu'il en a été ainsi le 28 février 2018 à Paris, dernière rencontre en présence de supporters des deux équipes, où plusieurs incidents ont conduit à de nombreuses dégradations et où huit membres des forces de l'ordre ont été blessés ; qu'il en fut également ainsi, pour la seule période récente, le 8 février 2023 à Marseille où les supporters marseillais ont procédé à un usage massif d'engins pyrotechniques, tenté de pénétrer dans le stade sans billet, jeté des projectiles pendant la rencontre et sur les forces de l'ordre, et généré d'importantes perturbations de la circulation, conduisant à vingt-trois interpellations, deux membres des forces de l'ordre ayant été sérieusement blessés ; que le 26 février 2023 à Marseille, vingt-trois supporters marseillais ont été interpellés en raison de jets de projectiles, d'usage d'engins pyrotechniques et de lasers dirigés vers les joueurs, de port d'arme, ainsi que pour des faits de violences, outrage et rébellion à l'encontre des forces de l'ordre ; que, le 25 mai 2024 à Villeneuve d'Ascq, à l'occasion de la finale de la Coupe Gambardella opposant l'OM à Nancy, jouée en amont de la finale de la coupe de France entre le PSG et Lyon, des supporters parisiens ont jeté des projectiles sur un joueur marseillais, entraînant une interruption de la rencontre ; que le 27 octobre 2024 à Marseille, en amont de la rencontre entre ces deux clubs, des supporters marseillais ont fait un usage massif d'engins pyrotechniques et ont entonné des chants injurieux et homophobes à l'encontre des supporters parisiens ; que lors de la rencontre, les supporters marseillais ont fait usage de 75 engins pyrotechniques ; que le 16 mars 2025 à Paris, lors de la rencontre opposant les deux équipes, qui faisait l'objet d'un arrêté ministériel d'interdiction de déplacement des supporters marseillais, les supporters à risque parisiens ont fait usage de 38 engins pyrotechniques et deux supporters ont été interpelés, l'un pour violences sur un stadier et l'autre pour avoir utilisé un faisceau laser ; que le 22 septembre 2025 à Marseille, au cours de la rencontre entre les deux équipes, les supporters marseillais ont fait usage de 62 engins pyrotechniques et de 5 engins lasers ; qu'au cours des célébrations de la victoire de l'OM tenues après la rencontre, des engins pyrotechniques et explosifs ont été utilisés par les supporters de l'OM ; que certains d'entre eux ont bloqué la circulation, qui a dû être déviée, en effectuant des manœuvres relevant de rodéos motorisés ; que les forces de l'ordre sont intervenues afin de mettre fin à ces troubles et ont été l'objet de jets de projectiles, nécessitant le recours à des moyens lacrymogènes afin de disperser les supporters, dont deux ont été interpellés pour jets de projectiles et outrage ; qu'à plusieurs reprises, notamment lors de la rencontre entre le PSG et le Racing Club de Strasbourg du 19 octobre 2024, lors de la rencontre entre le PSG et le PSV Eindhoven du 22 octobre 2024, lors de la rencontre entre le PSG et le Racing Club de Lens du 2 novembre 2024, lors de la rencontre entre le PSG et l'AS Monaco du 9 février 2025 et lors de la rencontre entre le PSG et l'Union sportive du littoral de Dunkerque le 1
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avril 2025, des supporters parisiens ont entonné des chants homophobes et insultants envers les supporters de l'OM ; qu'en outre, des troubles ont été constatés à l'occasion de la seule rencontre récente entre l'OM et le PFC ; qu'ainsi, le 23 août 2025 à Marseille, les forces de l'ordre ont procédé à sept interpellations en amont de la rencontre et découvert des engins pyrotechniques et détonants en effectuant une fouille des véhicules transportant les supporters du PFC ; que la présence de deux supporters à risque du PSG a généré des tensions au sein de la tribune du PFC et que des menaces ont été adressées par les supporters de l'OM aux groupes de supporters du PFC : que l'un de ces supporters était porteur d'un faux document et faisait l'objet d'une fiche de recherche, ce qui a conduit à son interpellation ; que huit engins pyrotechniques ont également été utilisés par les supporters marseillais ; que dans ces conditions, un risque réel et sérieux d'affrontement entre les supporters de l'OM et ceux du PFC et du PSG, existe à l'occasion de cette rencontre ;
Considérant que les troubles à l'ordre public et les comportements violents des supporters parisiens à l'occasion des rencontres avec un club visiteur avec lequel il existe une rivalité particulière persistent, malgré la mise en œuvre de mesures d'encadrement des déplacements des supporters par le préfet de police et le préfet des Hauts-de-Seine ; que, si à la date du présent arrêté, 22 supporters parisiens et 7 supporters marseillais ont fait l'objet d'une interdiction administrative de stade en vertu de l'article L. 332-16 du code du sport et que 2 supporters parisiens et 22 supporters marseillais ont fait l'objet d'une interdiction judiciaire de stade en vertu de l'article L. 332-11 du code du sport, ces mesures individuelles sont sans effet sur la prévention des rixes et troubles graves à l'ordre public qui surviennent régulièrement en amont et en aval de la rencontre sur le trajet emprunté par les convois de bus des supporters visiteurs et aux abords du stade, ce d'autant que leurs auteurs ne sont pas toujours identifiables, interdisant ainsi le prononcé de telles mesures ;
Considérant que par suite, ni l'arrêté du préfet de police et du préfet des Hauts-de-Seine du 20 janvier 2026 instituant un périmètre au sein duquel la présence de certaines catégories de supporters est réglementée et instaurant certaines mesures de police à l'occasion de la rencontre de football de Ligue 1 du samedi 31 janvier 2026 entre les équipes du Paris Football Club et de l'Olympique de Marseille au stade Jean Bouin à Paris, ni la mobilisation des forces de l'ordre, ne sauraient davantage suffire à prévenir ces risques ; qu'en effet, dans le même temps, celles-ci seront fortement mobilisées pour faire face, d'une part, à la menace terroriste actuelle et prégnante sur l'ensemble du territoire national, sensiblement accrue par les risques d'importation sur le territoire national du conflit israélo-palestinien, et, d'autre part, pour sécuriser d'autres évènements sportifs et culturels ou des manifestations revendicatives sur la voie publique, notamment divers rassemblements tel que la marche citoyenne pour une police respectée et engagée, un rassemblement du groupe politique La France Insoumise et des manifestations des mouvements des gilets jaunes et des Patriotes ; qu'ainsi, seule une interdiction des déplacements individuels et collectifs des personnes se prévalant de la qualité de supporter de l'Olympique de Marseille ou se comportant comme tel, est de nature à éviter l'ensemble des risques sérieux pour la sécurité des personnes et des biens à l'occasion de la rencontre du samedi 31 janvier 2026,
Arrête :